De l'importance de la seconde main et de la mode éthique pour une consommation plus responsable


Hello mes chatons,

Me revoici en ces temps incertains, pour vous écrire un peu comme "autrefois". C'est que ça commence à faire longtemps que j'ai entrepris ce blog, déjà 8 ans ont passé ! Et j'ai bien changé depuis 2012, que ce soit personnellement ou dans mon rapport à la consommation, notamment de la mode.

Depuis 2014, vous le savez, j'essaie le plus possible d'avoir une démarche éthique dans ce que j'achète. Cela m'était arrivé comme une révélation après avoir vu un documentaire sur la fast-fashion et la consommation de masse (je ne me rappelle plus le titre exact mais vous pouvez en trouver plein sur Youtube ou sur Netflix). J'ai décidé du jour au lendemain que je ne pouvais plus acheter des vêtements produits dans des conditions inhumaines ou fabriqués dans des matériaux toxiques qui polluent la planète, si je voulais pouvoir me regarder dans un miroir sans avoir honte de moi du point de vue moral.

Cela ne fut pas sans peine, car il y a 6 ans ce n'était pas du tout un discours ni une démarche au goût du jour. Les marques éthiques étaient chères et confidentielles, et il était très difficile d'avoir des informations sur le sujet. Il y avait aussi un problème personnel, car à ce moment dans ma vie j'étais prise dans une frénésie d'achats, car il y avait aussi beaucoup de pression quand on avait un blog mode de pouvoir proposer des looks sans cesse différents. J'aurai pu être plus forte et ne pas céder aux sirènes de la consommation, mais bon j'étais aussi très mal dans ma peau, avec plein de problèmes psychologiques et des choses à régler avec moi-même sans avoir le courage de les affronter. Donc le vintage était plutôt un bon compromis : je pouvais alimenter ma garde-robe à moindre prix, rassasier mes pulsions d'achat sans mauvaise conscience. Je passais beaucoup de temps en friperie, j'avais même commencé un petit guide des meilleures friperies de Paris (que j'ai malheureusement abandonné après quelques mois...).

Le problème avec le vintage


Avec l'âge est venue l'expérience, et avec elle la connaissance et l'exigence. J'ai commencé à pouvoir identifier les périodes des vêtements que je chinais en friperie, pouvant savoir pratiquement tout de suite s'il s'agissait de "vrai" vintage ou de seconde main. Je préférais bien sûr le vrai vintage, mais à force de chiner de droite à gauche il m'est apparu que le vintage n'était pas forcément synonyme de qualité optimale. Après le début des années 80 a commencé la production de masse, et de là a commencé le problème éthique que nous nous posons aujourd'hui sur la fabrication des vêtements. Sans compter qu'à partir des années 60 les tissus synthétiques ont commencé à avoir beaucoup de succès, comme la rayonne et le polyester, des dérivés du plastique et... du pétrole. Niveau écologique on a vu mieux.
Pour moi ce fut un problème car je n'avais pas remarqué tout de suite mais j'ai une très grande allergie aux matières synthétiques. C'est finalement après des réactions allergiques tellement graves (aisselles gonflés, plaques d'eczéma énormes, traitements par cortisone...) que j'ai compris que ce que je mets sur ma peau est juste hyper important. Oui oui il m'a fallu en arriver là pour faire cette déduction ! vous savez, le fameux adage "il faut souffrir pour être belle" qu'on nous assène depuis l'enfance quand on est une fille, ça fait vraiment des dégâts. Enfin bref. Le vintage c'est chouette, mais pas toujours.

Aujourd'hui que le vintage est en vogue et prisé de la jeune population, malheureusement cela amène aussi beaucoup d'abus. Les prix exorbitants pour du vintage des années 1990 (plus de 80€ pour une jupe, vous êtes sérieux les gars ?), les vendeurs peu scrupuleux qui collent l'étiquette vintage à n'importe quoi, y compris les produits de fast-fashion, sans compter les estimations nébuleuses des périodes des vêtements (les "années 1950" pour des vêtements avec une étiquette "made in West Germany" euh oui mais non !). Le côté sombre de tout ça, une sorte de snobisme a entouré le vrai vintage. Il y a "les vrais, les purs et durs" et puis les autres quoi. Il y a 6 ans quand je disais que j'avais une jupe des années 70 on me regardait comme une crado, maintenant c'est carrément l'inverse, on te regarde de haut quand tes vêtements n'ont pas au moins 40 ans d'âge ! Alors oui c'est vrai que c'est difficile de trouver une belle pièce vintage, et qu'un vêtement qui a traversé le temps a quelque chose de magique, il est plein d'histoire, de souvenirs, il continue sa vie à travers les générations et c'est émouvant. Mais de là à mépriser la seconde main et les articles neufs, cela pose un gros problème.

La seconde main est aussi éthique

Que faire des tonnes et des tonnes de vêtements issus de la production de masse qu'on accumule depuis 10 ans ? Faudrait-il tout brûler sous prétexte qu'ils sont entachés par leur étiquette de fast-fashion ? Ce qui pose problème dans la fast-fashion c'est en partie le gaspillage et la durée de vie de ces produits. On achète trop neuf et on jette trop. On met une fois et on se lasse. Oui mais justement, jeter aux ordures ces tonnes de vêtements déjà produits ne serait-il pas continuer ce cycle vicieux du gaspillage ?

C'est pourquoi je pense qu'il faut arrêter avec le mépris de la seconde main. C'est même une bonne façon de lutter contre la fast fashion, puisqu'au lieu de tout de suite se ruer en magasin, on attend quelques mois et on achète les vêtements qu'on aime en seconde main : pas de profit de la part des géants du capitalisme, les échanges commerciaux se font entre des particuliers ou des petites entreprises de revente, et les prix sont plus justes. A force, les grandes enseignes produiront en moins grande quantité, et pourquoi pas (rêvons un peu) finirons par revoir leurs méthodes de production.

Avec Vinted notamment, on a aujourd'hui la chance de pouvoir acheter en seconde main avec confiance. Il y a 6 ans, c'était vraiment compliqué. Alors autant profiter de cette chance pour donner une autre vie aux vêtements qui prennent la poussière dans nos placards. En ce qui me concerne, j'achète de seconde main de temps à autre, j'ai pu faire de belles affaires et acquérir des objets que j'aime vraiment, toujours dans une démarche éthique et éco-responsable (notamment toutes mes paires de lunettes de soleil Miu Miu que j'adore et que je mets chaque année avec joie !). En plus, pour faire tourner sa garde robe si on a tendance à se lasser vite de ses vêtements, c'est parfait.

Bref, arrêtons le snobisme pro-vintage : la seconde main c'est aussi éthique et vachement chouette.

Pourquoi acheter neuf est toujours important


Il est indéniable que le vintage et la seconde main sont très importants pour faire évoluer notre consommation vers un modèle plus durable et soucieux de l'environnement : en recyclant des vêtements déjà faits on évite la surproduction et donc la pollution (entre autres).

Mais on oublie souvent quelque chose quand on fustige le fait d'acheter neuf : toutes les marques ne sont pas des entreprises de fast-fashion. D'autant plus aujourd'hui où fleurissent un peu partout des marques éco-responsables vraiment super, qui ont à coeur le respect de l'environnement et de la main d'oeuvre en utilisant des matières naturelles et en faisant faire leurs vêtements par des ouvriers-ères locaux.

Soutenir ces petites entreprises (souvent tenues par une poignée de personnes seulement), c'est encourager une économie plus juste et fondée d'abord sur la passion et le dévouement. La plupart de ces petites entreprises n'ont pas les moyens d'investir dans de la publicité ou dans une équipe marketing, c'est donc bien souvent la même personne qui gère la fabrication, la communication, et la gestion. Ainsi, les déplacements sont moindre, il y a moins de pollution, et on est en contact direct avec la personne qui gère tout. Pas de discours biaisé, pas de production de masse on ne sait où dans des locaux de sous-traitance peu scrupuleux. Mais pas seulement.

En soutenant des petites entreprises éthiques, c'est également une façon durable de produire des vêtements que l'on soutient. De la fabrication de la matière première jusqu'à la vente, toutes les étapes de fabrication se font dans le respect de l'environnement et des êtres humains, de ceux qui ont besoin de ce travail pour vivre. Si tout le monde achetait du vintage seulement, ou de la seconde main, que deviendraient ces centaines de milliers de personnes dans le monde dont la survie dépend de la fabrication des tissus ? Et ceux qui font les teintures ? Privilégier les marques durables c'est aussi encourager les personnes dans ce corps de métier à se tourner vers des pratiques plus durables et arrêter les produits toxiques, tout en leur assurant un travail et un revenu. C'est aussi encourager la traçabilité des matières premières, ce qui est l'étape la plus obscure dans la traçabilité de la fabrication d'un vêtement. Sans oublier que la plupart des matières premières sous produites dans des pays pauvres, qu'on exploite sans vergogne et en plus qu'on pollue allègrement (tout ça pour fabriquer des vêtements que ces populations n'auront même pas les moyens d'acheter. Sympa.). Revaloriser des méthodes éco-responsables c'est aussi permettre à ces pays de garder ce qui permet de faire fonctionner leur économie, mais tout en les respectant et en respectant leur environnement.

Mais pas seulement. En soutenant ces entreprises, c'est également le savoir-faire que nous préservons. Un savoir-faire ancestral de la teinture, du tissage, de la couture, de la tannerie, etc. Veiller à ce que ces savoirs-faire soient enseignés dans le respect de l'individu, c'est aussi revaloriser des métiers tombés dans l'oubli ou appris à la va-vite par des personnes qui n'ont pas le choix et qui en plus souvent ne savent rien faire d'autre que l'étape de production qu'on leur a appris, sans jamais vraiment savoir à quoi sert ce qu'ils font tous les jours, parfois 12 ou 13 heures d'affilé dans des conditions de travail éprouvantes. Il faut redonner du sens à la fabrication des vêtements, pour aussi donner du sens à la vie des artisans, et par là, respecter leur travail et reconnaître leur utilité au sein de la société. Il y a d'ailleurs plusieurs associations qui aident les femmes victimes de crimes de guerre à retrouver une place sociale et aussi une dignité en leur apprenant à coudre ou à broder. On l'a trop oublié aujourd'hui mais savoir faire quelque chose de ses mains est indispensable à l'identité des humains. C'est ainsi que nous avons construit notre civilisation, génération après génération.
Un savoir-faire c'est aussi une fierté de pouvoir faire quelque chose que quelqu'un d'autre ne sait pas faire. On a ainsi un savoir qui nous permet de nous positionner dans la société, d'apporter quelque chose qui a de la valeur humaine. Bref, on oublie un peu trop à quel point c'est important de valoriser le travail artisanal, et les petites entreprises durables dans le secteur de la mode aident à garder ce savoir et à lui redorer le blason.

En conclusion

 

Comme pour beaucoup de choses en fait, l'idéal est de pouvoir piocher dans la diversité des sources. Vintage, seconde main et mode durable nouvelle, les trois piliers de la nouvelle consommation éthique. C'est peut être aussi l'occasion d'apprendre vous-mêmes à faire vos vêtements, pour faire vôtre ce savoir-faire ancestral et si précieux.

Je pense que ce qui est important aujourd'hui, pour ne pas dire crucial, c'est de sortir de la torpeur dans laquelle la consommation de masse nous a plongé. S'informer, apprendre à lire une étiquette, se documenter sur les processus de fabrication d'un tissu, regarder des documentaires sur la fabrication d'un objet/vêtement, cela nous permet de ne pas être endormi-e-s et de ne plus se faire arnaquer par la manipulation perverse de la consommation de masse. Alors oui, ça demande du temps et de l'implication, mais là on est en train de parler du futur de notre planète. Que peut-il y avoir de plus important que de commencer, aujourd'hui, à réparer nos erreurs du passé ? C'est notre devoir en tant que citoyen-ne du monde que de ne pas se satisfaire de l'ignorance. Surtout que grâce à internet, on a gratuitement accès à une mine de savoir.

Voilà ce que je voulais vous dire aujourd'hui. A vrai dire, cela faisait des mois que je voulais vous en parler, je suis donc soulagée de pouvoir enfin vous communiquer mes pensées.

J'espère que cet article vous a plu. Je tiens à continuer de parler de la mode et de la consommation, tout autant que la philosophie, car ce sont des sujets chers à mon coeur et qui ne s'opposent pas du tout, au contraire. La philosophie aide à nourrir sa pensée sur tous les sujets, c'est bien ça qui en fait sa beauté. Penser n'a pas de limite de sujets. Enfin bref. Je vous embrasse, j'espère que vous allez bien, que vous respectez bien le confinement et que vous arrivez à trouver de quoi enrichir votre esprit même dans ces temps troubles et stressants pour toustes.

Bécots <3 



Crédit photos : Luc Dujardin 

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Robe chasuble : GaliaCouture

Chemisier : Vintage via Poppycockvintage

Ceinture : ByKochetova (offert)

Canotier : Vintage

Boucles d'oreilles : Dissident Sheep 

Bottines : trouvées sur Vinted (je ne me souviens pas de la marque)

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Commentaires

  1. Un article très intéressant et avec lequel je ne peux qu’être d’accord ! J’ai moi même commencé à changer ma façon de consommer des vêtements depuis plusieurs mois (même si cela va quelques années déjà que je me suis tournée vers les friperies). Et je pense pouvoir ajouter à ce que tu as dis dans ton article, que moralement, ça fait du bien, de savoir que l’on consomme mieux, que c’est une bonne chose pour la planète, de savoir qu’on soutient de petites entreprises, des personnes talentueuses et passionnées, je me sens vraiment plus heureuse en portant ce genre de vêtement que lorsque je portais du fast-fashion ! Tout comme je suis contente de porter des vêtements de seconde main, en me disant que je leur offre une nouvelle vie ahah
    En tout cas j’ai vraiment beaucoup aimé ton article, j’espère qu’il donnera envie à d’autres personnes de changer leur mode de consommation !

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  2. ton article m'a beaucoup intéressée , j'ai appris plein de choses et serai mieux avertie quand j'acheterai un vêtement! merci beaucoup pour ton généreux éclairage.

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  3. Coucou, ce look est très très magnifique !! La robe est parfaite, la chemise est parfaite ! Et le maquillage, surtout votre rouge à lèvres, j'aime !

    Bisous

    Camille
    https://www.pinterest.fr/persunfr/

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