Voyage : Quatre jours à Venise



Hello mes chatons,

Il y a quelques semaines, je suis partie à Venise. Cela faisait des années que je voulais y retourner, alors avec l'Amoureux on s'est dit que ce serait la parfaite destination pour y fêter mon anniversaire et nos 10 ans d'amour. Après tout, Venise est bien la ville romantique par excellence, n'est-ce pas ?

Destination clichée et surannée, ou bien authentique et merveilleuse ? Si Venise est malheureusement de plus en plus grignotée par le tourisme, elle n'en reste pas moins une ville absolument fabuleuse, qui laisse à qui sait les voir ses trésors intacts depuis des siècles.

Pour la durée de notre voyage, comme c'était la première fois qu'on laissait nos chats seuls (enfin, pas tout à fait car ma mère est venue les garder chez nous), on a préféré opter pour un court voyage. Quatre jours, ni plus ni moins. Évidemment, on n'a pas eu le temps de faire le tour de la ville, il faut dire qu'avec ses 35km de canaux et ses 120 églises, il y a de quoi faire dans la Sérénissime !

Néanmoins, nous avons fait quand même pas mal de choses. Je voulais le plus possible fuir les touristes et les lieux trop vus partout, car l'Amoureux et moi nous sommes vraiment allergiques au fait de faire la queue, et de se contenter de la vitrine parfaite des villes que nous visitons. En réalité, j'ai eu envie de partir à Venise après avoir lu Aurore de Nietzsche, et sa correspondance dans laquelle il parle avec éloquence de Venise, amoureux de ses canaux, de ses ponts, et des reflets. Il ne parle pas énormément des palais et des magnificences de la ville, mais plutôt des quartiers populaires où il avait élu domicile. C'était donc plutôt cette Venise que je souhaitais découvrir. Malgré tout, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, car depuis Nietzsche 200 ans ont passé. Je craignais de découvrir un Disneyland factice et surfait, brisant à jamais les rêves qui avaient germé au fil de mes lectures.

Je ne ferai pas durer plus le suspense : j'ai adoré mon voyage. J'ai adoré Venise, mais j'ai aussi énormément apprécié les Vénitiens. Ce fut un enchantement de bout en bout, un plaisir des yeux, du palais et des oreilles, tant nous avons vu de lieux magnifiques, mangés des mets succulents et goûté des vins fabuleux, et entendu cette langue si belle et mélodieuse qu'est l'italien. Ce fut également pour moi l'occasion de parler à nouveau dans la langue de Casanova, pour mon plus grand bonheur. J'ai trouvé les Vénitiens très accueillants et chaleureux, j'avais peur du contraire et de trouver un peuple blasé par les hordes de touristes, et bien pas du tout. Ils furent tous charmants, aimables, serviables, et patients. Si vous apprenez l'italien, j'ai trouvé Venise une ville parfaite pour pratiquer la langue, les Vénitiens m'ont semblé très à l'écoute et j'ai beaucoup apprécié le fait de pouvoir parler italien avec des gens qui attendaient avec gentillesse et bienveillance que je trouve mes mots, m'aidant à l'occasion. Et si vous ne parlez pas italien, pas de panique, la plupart des Vénitiens parlent français ! C'était vraiment super agréable, et j'ai été enchantée de voir que si je faisais des efforts pour parler italien, les Vénitiens en échange étaient prompts à utiliser le français qu'ils connaissaient, afin de rendre l'échange aussi charmant qu'interculturel. J'insiste sur ce point car j'ai rarement eu l'occasion de croiser des personnes aussi gentilles qu'à Venise. De plus, si les Vénitiens sont fiers de leur ville et de leur héritage culturel, j'ai trouvé qu'ils étaient aussi soucieux de transmettre leur savoir et de partager ce qu'ils connaissent de leur patrimoine. Si vous posez des questions, vous n'aurez aucun soupir exaspéré mais au contraire des échanges passionnants et spontanés.

A Venise, j'ai eu l'impression qu'on pouvait s'ouvrir au monde, que chaque occasion était bonne pour ouvrir son esprit, partager, admirer et se cultiver. C'est une ville qui m'a conquise complètement, et je reviens de ces quelques jours profondément changée, comme si la Sérénissime irradiait de bonté et de bienveillance, et qu'en revenant chez moi, j'ai ramené un bout de sa paisible beauté.

Voici donc mes impressions générales ! Maintenant, je vais vous expliquer ce que nous avons fait jour par jour. J'ai prévu deux prochains articles, l'un avec un condensé des adresses que j'ai apprécié, et le dernier sera consacré à Venise et son rôle dans la philosophie de Nietzsche. C'est quand même pour ça que j'y allais avant tout ! Alors, j'espère que cela vous plaira :) en attendant c'est parti pour ces quatre jours à Venise !


Jour 1 : Canareggio

Notre avion arrivait en fin de matinée, du coup c'était parfait pour prendre le vaporetto sans stress et découvrir un peu le quartier de notre hôtel. Je suis toujours une angoissée de la vie donc j'avais regardé 10 fois les cartes de transport depuis l'aéroport de Marco Polo pour Venise, mais en fait c'est super bien indiqué depuis l'aéroport. Notre hôtel était situé juste à côté d'une station directement reliée à l'aéroport, ce qui était très pratique.
Après beaucoup de recherches, j'ai fini par choisir un hôtel dans le quartier de Canareggio, moins prisé par les touristes et donc un peu plus authentique que le quartier de San Marco par exemple. Les prix sont moins chers aussi, ce qui n'est pas négligeable car Venise étant très touristique, les prix des hôtels sont souvent élevés, sans compter qu'il faut penser à réserver très en avance car tout est complet hyper rapidement ! Enfin bref, il s'est avéré que l'hôtel que j'avais choisi se trouvait à proximité de là où Nietzsche avait logé lors de son premier voyage à Venise, alors c'était un peu émouvant tous les matins de découvrir le même horizon que lui avait vu, 200 ans plus tôt...
Notre hôtel était dans une petite ruelle qui menait en face de la magnifique île-cimetière de San Michele, dont je vous reparle un peu plus bas.



Après avoir déposé nos valises dans notre chambre, nous étions libres de partir à la découverte de la Sérénissime. Vu que nous étions déjà à Canareggio, nous en avons profité pour nous perdre dans ce beau et authentique quartier. Il y avait très peu de touristes mais beaucoup de Vénitiens, de bars de quartier mais aucune boutique à touristes. L'idéal pour s'imprégner des lieux !



Le soir venu, nous avons profité des bacari, petits bars à vins typiques de Venise, pour déguster des vins du Veneto tout en dégustant des cicetti. Ce sont des petits morceaux de pain recouvert de plein de choses différentes, comme des sortes de rillettes de poisson (dont je ne me rappelle plus le nom en italien), de fromages, de légumes ou de viande/charcuterie. Chaque bouchée était un délice, plein de saveurs fines et du terroir italien. Nous avons adoré et je me suis promis de tenter d'en faire en France pour les fêtes. Nous avons flâner sur les quais, de bacaro en bacaro, bref, une soirée à la dolce vita empreinte de magie et d'instants qui se suffisent à eux-mêmes.



Jour 2 : San Marco et le Palais des Doges

 Après une arrivée en douceur dans Venise, c'est le moment de passer aux choses sérieuses ! Pour profiter de la place San Marco sans les hordes de touristes, nous nous sommes levés à l'aube. Cela n'est pas un problème, depuis que nous avons notre horde de matous nous ne savons plus ce que c'est qu'une grasse matinée, hahaha !

En tout cas, c'est à prévoir si vous n'êtes pas des lèves-tôt comme nous. A Venise, dans les lieux touristiques, il n'y a pas de miracle pour ne pas se noyer dans le monde : il faut se lever aux aurores. En plus c'était rigolo car il y avait plusieurs mariées et de mariés de nationalité différentes qui faisaient leurs photos de mariage sur la place.



 Visite du Palais des Doges :

Après un délicieux petit-déjeûner à la vénitienne (comprendre : debout dans la boulangerie à siroter un café au comptoir, expérience authentique et vraiment charmante), il était temps d'aller visiter le fameux Palais des Doges. Pour éviter de poireauter dans la file d'attente, j'avais acheté des coupes-file en ligne, mais nous sommes arrivés dès l'ouverture du Palais à 8h30. Du coup, il n'y avait personne et c'était très agréable. Attention, pendant la pleine saison, même avec des coupes-file il y a du monde.

Nous avions prévu de faire les Itinéraires Secrets, une visite guidée en français, que j'avais réservé en ligne en avance. Le coupe-file était compris dedans, mais nous sommes arrivés en avance pour visiter un peu le Palais avant la visite, j'avais lu en ligne que c'était mieux pour comprendre la visite, vu que la guide fait souvent référence à plusieurs salles du Palais.


Les Itinéraires Secrets / Itinerari segreti :

Il n'y a que deux visites guidées par jour en français, une à 10h20 et une à 12h. Il y a d'autres visites guidées en anglais et en italien, si vous êtes confortables dans ces langues.
L'avantage de cette visite est qu'on a accès à un parcours qui est fermé au public, ce qui est donc assez excitant. On voit les envers des salles somptueuses du Palais, notamment les cellules de la prison, notamment les deux cellules de Casanova. Je voulais absolument les voir, car ma professeure de français de 1ère était une fan absolue de Casanova et nous avait tellement parlé de sa vie, il me fallait honorer la mémoire de cette prof que j'adorais ! J'ai beaucoup pensé à elle durant la visite, ses cours étaient si formidables... enfin bref. Revenons au Palais :) Notre guide était assez sympa et parlait bien français donc c'était agréable. Globalement j'ai bien aimé la visite, surtout parce que c'était très intéressant de découvrir les dessous de la magnificence des salles du Palais. On a pu aussi admirer la structure du toit, mon copain est un fan absolu des charpentes et c'était un chouette moment.
Bref, je trouve que pour le prix qu'on paye c'est vraiment super, par contre prévoyez votre matinée, genre, largement, car la visite dure presque deux heures, sans compter qu'il faut encore une bonne heure voire le double pour visiter le reste du palais (selon votre rythme. Perso, j'en avais plein les pattes et j'ai 0 patience, donc au bout d'une heure je n'en pouvais plus !).

Si ça vous intéresse pour une prochaine visite, vous pouvez réserver votre billet sur le site de vivaticket.





Après un bon repas et de quoi reposer un peu nos pattes, nous sommes repartis en exploration dans le quartier de San Marco ! Je ne pensais pas que la visite du palais ducal devait durer si longtemps, du coup le temps qu'on sorte, mange et revienne sur la place San Marco elle était couverte de monde. Cela a suffit pour nous dissuader de visiter l'intérieur de la Basilique Saint Marc et de monter en haut du Campanile. Même si c'est gratuit et grandiose, nous avons préféré fuir le monde pour nous aventurer dans les ruelles moins fréquentées pour savourer en paix notre expérience vénitienne.

Aussi, si vous souhaitez voir le pont des soupirs d'un angle un peu moins cliché et surtout sans être menacé de mourir étouffé par la foule, il suffit de le contourner pour prendre le pont à l'opposé de celui qui est toujours bondé. Il n'y a personne le matin et pas tant de monde l'après-midi ! C'est ce qui m'a surpris à Venise, les touriste s'agglutinent toujours dans les mêmes endroits "mythiques" alors que deux rues à côté il n'y a personne et la vue est tout aussi belle et charmante. A vrai dire, tout Venise est magnifique, les rues regorgent de belles façades et aboutissent sur des places somptueuses avec des palais et des églises magnifiques. Donc si vous hésitez d'aller à Venise à cause du flux de touristes, il suffit de vous armer de bonnes chaussures et de marcher énormément !





J'avais envie de visiter le palais Contarini del Bovolo, qui date du XVIe siècle et où fut tourné une partie du film Othello d'Orson Welles. L'escalier externe est très surprenant, et en le gravissant on a une jolie vue de Venise. Bon, par contre j'ai été super déçue, l'entrée était super chère (dans les 7€ il me semble) et franchement ça n'en vaut pas la peine. Il vaut mieux se contenter d'admirer l'extérieur qui est très beau... et gratuit.  

Après cette petite déception (parce qu'après tout, c'était très joli et surtout désert, nous étions tout seul et c'était très agréable d'apprécier le panorama dans un silence royal !), nous avons erré dans les ruelles, visité quelques églises (mais les photos étaient interdites dans la plupart) mangé une bonne glace et puis la journée s'achevait déjà. 




Jour 3 : Burano et San Michele

 Pour le jour de mon anniversaire nous avions prévu de passer une grande partie de la journée sur les îles, en particulier Burano et San Michele.

L'île de Burano :

C'est la fameuse île aux maisons très colorées. Elles sont peintes dans des couleurs vives pour que les pêcheurs puissent retrouver leur maison même dans le brouillard ! En bonne amoureuse des ambiances brumeuses, j'étais déçue de ne pas y avoir droit le jour où nous y sommes allés... mais bon, on a eu du soleil, je ne vais pas me plaindre non plus !
C'est une très jolie île, petite et donc il est agréable de la parcourir et de découvrir toutes les petites rues, le temps semble s'être arrêté depuis des siècles. Cela vient aussi du fait qu'on ne peut s'y rendre qu'en bateau et que sur l'île il n'y a aucune voiture ni moto. Cela renforce cette impression d'avoir traversé un portail temporel qui nous emmène 200 ans en arrière !


Burano est aussi une île connue pour sa dentelle, réalisée entièrement à la main par les femmes qui y habitent. Malheureusement, c'est un savoir-faire menacé de disparition, car il n'arrive pas à égaler la quantité de production de la dentelle mécanique, et la dentelle de Burano coûte beaucoup plus cher pour un résultat à peu près équivalent aux yeux non experts. En même temps, c'est compréhensible. Autrefois les femmes apprenaient les tâches ménagères et étaient en quelque sorte obligées de rester chez elles à faire des travaux de couture en attendant de se marier. Aujourd'hui, je ne pense pas que beaucoup de jeunes femmes rêveraient de passer leurs journées à faire de la dentelle, tâche fastidieuse et minutieuse, et surtout très mal payée... En tout cas les habitants de Burano essaient de garder leur patrimoine, avec le petit musée qui se visite (Museo del merletto), dans lequel on apprend l'histoire de la dentelle et où il y a des vieilles dames qui montrent comment elles font la dentelle. C'était très intéressant et j'ai bien aimé la visite. Le musée est modeste mais il a ce charme désuet et spontané des petits musées sans prétention. La dame qui montrait son travail de dentelle était hyper gentille et m'a expliqué plein de choses, notamment les différents points de dentelle et comment elle créait la trame de son travail.



Encore une fois, pour éviter la foule et profiter d'une île paisible, il faut arriver le matin ou en fin de journée. Le trajet est long pour parvenir à Burano, puisqu'il se fait en vaporetto. Comptez plus d'une heure en fonction de la météo ! Après, c'est tellement agréable de regarder le jour pointer le bout de son nez, depuis le pont du bateau, qu'on en oublie la longueur du trajet. Aussi, comme à Venise, j'ai été surprise comme les gens restent dans la rue principale et marchande de Burano. Il suffit de prendre les rues transversales et il n'y a personne. Si vous souhaitez une ambiance vraiment particulière et paisible, il suffit donc de vous perdre dans les petites rues, qui sont tout aussi charmantes et colorées que la grande rue (la preuve en photo !)






San Michele, l'île cimetière :

Je tenais absolument aller sur San Michele, qui est l'un des seuls cimetières au monde auquel les morts ne peuvent être acheminés que par bateau. En plus, c'est très pratique de s'y rendre depuis Burano et pour rejoindre Venise c'est aussi très rapide.

J'ai absolument adoré le lieu. Malheureusement les photos y sont interdites (c'est écrit partout en gros à l'entrée et en anglais donc pas d’ambiguïté), donc j'ai rongé mon frein et ce fut difficile car le lieu est si inspirant, avec une ambiance si particulière que j'étais hyper tentée de brandir mon Zenit-E toutes les deux minutes. Mais bon, je pars du principe que quand on est dans un pays étranger on doit absolument respecter les règles. Ce n'était apparemment pas le cas de tout le monde et j'ai croisé plusieurs fois des touristes qui arrosaient copieusement de photos les lieux sacrés. Sur le coup j'étais furieuse, c'est un comportement si irrespectueux ! Enfin bref, j'ai essayé sur place de respirer un bon coup en me disant qu'au moins, j'avais ma propre conscience de tranquille. J'ai pu donc quand même apprécier la visite. 

Si vous aimez les ambiances singulières de cimetières, je ne peux que vous recommander de vous y rendre. C'est complètement gratuit, et au fond du cimetière il y a des tombes qui datent de Napoléon, donc plusieurs sont en français ! Dans cette partie du cimetière il y a plein de statues à moitié détruites et de tombes rongées par la végétation, un moment propice à la méditation. Ce qui renforce l'impression d'irréalité c'est aussi la présence d'arbres immenses et très anciens, on a vraiment du mal à croire qu'on est sur une toute petite île.



Après nous être reposé un peu dans notre hôtel, nous sommes ressortis pour nous rendre à un concert de musique baroque. A la base, je voulais aller voir un opéra à la Fenice, mais les prix exorbitants m'en ont dissuadée. Après avoir pesté plusieurs jours contre la sélection culturelle par l'argent, j'ai fini par trouver une alternative parfaite : la musique baroque dans une église. Pour moi, aller à Venise sans assister à un concert était impensable, surtout que j'adore la musique baroque. Après des recherches sur internet j'ai trouvé LE concert parfait : Vivaldi dans l'église de la Pietà. En effet, Vivaldi fut prêtre dans cette église et y a composé plusieurs de ses sublimes pièces de musique. Un endroit encore plus approprié pour y écouter sa musique. C'était assez émouvant d'ailleurs, d'imaginer que les pierres de l'église ont vraiment connu Vivaldi, que sa voix a résonné contre ces mêmes murs ! De penser que sa musique continue d'y vibrer en 2019, c'était encore plus magique.
Mon copain qui n'aime pas spécialement la musique baroque et n'avait jamais assisté à un concert de musique "classique" était ravi de l'expérience, ce qui me confirme que c'est vraiment une chouette expérience à réaliser à Venise.

Jour 4 : La Fenice et Dorsoduro

Déjà le dernier jour ! Le temps passe trop vite et nous avons encore tant de choses à faire. Pour ce dernier jour nous nous sommes encore une fois levés très tôt, si tôt que nous sommes arrivés beaucoup trop en avance pour aller visiter la Fenice, le célèbre théâtre vénitien. Enfin, l'avantage fut que comme on y était pour l'ouverture, il y avait encore une fois peu de monde et nous n'avons pas fait la queue.

La Fenice, le théâtre qui renaît de ses cendres : 

J'étais un peu réticente d'aller visiter la Fenice, ayant encore un peu de rancoeur envers ses prix délirants qui m'ont empêchée d'aller voir un opéra. Mais bon, j'avais lu tellement d'avis positifs, que j'ai mis mon ressentiment de côté... et j'ai bien fait. L'entrée est un peu chère, elle coûte 11€, mais un audio guide est compris et je vous recommande vivement de le prendre. Il est bien fait et on apprend l'histoire tourmentée de ce théâtre, détruit plusieurs fois par des incendies accidentels et criminels. Et franchement, la salle principale est à couper le souffle. On peut également monter dans la loge royale ajoutée par Napoléon, dans laquelle resplendissent les blasons de... la Savoie. Je ne plaisante même pas ! Cela a bien flatté notre chauvinisme montagnard, à mon copain et à moi, hahaha.

Bref, ne passez pas à côté, c'est vraiment une visite extraordinaire.

Et à noter, il y a souvent des récitals de musique classique dans la salle de bal, moins luxueuse et impressionnante que la salle principale, mais avec une bonne acoustique et le plaisir d'aller dans la Fenice pour un concert. Les prix sont beaucoup plus accessibles, comptez une vingtaine d'euro (soit dix fois moins cher qu'un siège mal placé dans la salle principale de la Fenice). Le soir de notre visite il y avait un récital mais nous avions prévu de faire de la gondole, donc on a renoncé. Mais pour une prochaine fois, je regarderai le programme !




La Galleria dell'Accademia :

Heureusement, tout à Venise est proche, donc on peut tout faire à pied sans aucun problème. Depuis la Fenice nous avons donc pu nous rendre au musée Galleria dell'Accademia. Le chemin pour s'y rendre depuis la Fenice était absolument charmant, on y croise de belles églises et jardins, et on traverse un majestueux pont depuis lequel on avait une vue imprenable sur le Grand Canal.

J'ai bien aimé la visite du musée, mais malheureusement énormément de salles étaient fermées pour rénovations. Néanmoins, je vous recommande la visite, ne serait-ce que pour l'architecture des salles, avec des plafonds entièrement sculptées et des sols en trompe-l’œil somptueux. On y a vu principalement des oeuvres du Moyen-Âge et de la Renaissance, et il y a des panneaux en anglais très bien faits donc on a aussi appris plein de choses, notamment des histoires de martyrs et de guerres... la base quoi, à l'âge médiéval (ce moment où on se dit que ça a quand même du bon de vivre en France en 2019).



Le quartier populaire de Dorsoduro :

Pour notre dernier après-midi à Venise nous avons flâné dans les ruelles du quartier le plus populaire de Venise, Dorsoduro. J'ai absolument adoré cet endroit qui, je trouve, détone par rapport aux autres quartiers. Déjà, il n'y a pas de touristes, et on a croisé plein de familles de Vénitiens avec des enfants qui jouaient dans les grandes places. Leurs rires remplissaient l'espace d'une joie authentique et vivante. Les bâtiments sont beaucoup plus sobres que dans les autres quartiers, même Canareggio, mais il y règne une ambiance vraiment très agréable, peut être justement parce que les maisons y sont plus humbles, et donc moins écrasantes de beauté. Il y régnait une harmonie paisible et immuable. J'ai juste regretté qu'on ne puisse y rester plus longtemps ! La prochaine fois que j'irai à Venise (parce que c'est évident qu'il y aura une prochaine fois), je crois que je commencerai par visiter ce quartier pour mieux en profiter.







Basilica Santa Maria Gloriosa dei Frari :

A Venise, impossible de passer à côté des églises. Il y en a plus de 120, et elles ont chacune un charme incroyable. Surtout quand on se dit que tout est monté sur des pilotis... c'est encore plus magique. Bon, je ne suis pas très objective, j'adore les églises. En dehors de ma foi, je trouve que ce sont des lieux toujours propices au recueillement. Et j'ai adoré cette basilique, elle est immense et chaque centimètre qui la constitue est magnifique. Franchement, je manque d'adjectifs pour qualifier ce que j'ai vu à Venise, veuillez me pardonner ce vocabulaire un peu trop simple et naïf. Mais il faut dire que la beauté de Venise est difficile à décrire, et à part la vivre, il me semble impossible de vous transmettre mon expérience dans ce lieu.

En tout cas, même si vous n'êtes pas croyants, je vous recommande d'aller dans quelques églises. Elles sont si belles qu'elles font office de musées, et comme les italiens sont très pratiquants on sent ces lieux encore vivants, et pas des mausolées glauques à la gloire d'un passé enterré.






Il Palazzetto Bru Zane :

Parmi nos visites, celle-ci n'était pas prévue, mais j'avais repéré des affiches d'une exposition de photos anciennes dans ce petit palais caché. Comme il était sur notre chemin de retour à l'hôtel, nous y avons fait halte. Et franchement, quelle charmante surprise ! Un palais vénitien couvert de verdures, si bien qu'on avait du mal à croire qu'on était encore à Venise. L'entrée était gratuite, et l'exposition photo était très intéressante, il y avait même la photo mortuaire de Proust (un signe du destin ?).

Nous avons beaucoup apprécié cette parenthèse hors du temps, et j'ai vu d'autres affiches pour d'autres expositions dans d'autres petits palais dans Venise. C'est bon à savoir pour une prochaine visite, on découvre de chouettes endroits hors des sentiers battus qui laissent de beaux souvenirs.




Conclusion sur ce séjour :

Bien trop court ! Que Venise regorge de trésors, et d'ambiances magiques. J'ai tellement aimé cette ville, et pour cette fois avec l'Amoureux nous avions fait le choix de plutôt beaucoup marcher et nous perdre dans les ruelles plutôt que de faire des visites à longueur de journée.

Je ne suis pas amatrice de musées (chacun ses goûts !), mais c'est clair que si vous êtes passionnées par l'art, la peinture, la sculpture, il y a matière à faire... je ne suis pas sûre que même en 15 jours vous auriez le temps de tout visiter ! C'est assez incroyable cette concentration de beauté dans une si petite ville. C'est sûrement ça aussi qui contribue à l'envoûtement qu'elle exerce sur nous. J'ai eu le sentiment que c'était une ville d'esthètes. Tout est matière à extase artistique. Même un mur décrépit, recouvert d'algues, aux fondations branlantes et à la porte défoncée est d'une beauté incroyable.

Ce que j'ai peut être le moins aimé est le quartier de San Marco. Je n'ai pas aimé la grande place de San Marco, avec ou sans touristes, je la trouve beaucoup trop vaste et ça m'étouffe ! Aussi, les ruelles autour n'avaient pas le même charme brut et rustique de Dorsoduro par exemple, ou le dynamise de Canareggio.

Mais sinon, quel voyage fabuleux ! Je vous retrouve jeudi pour plus de photos, et lundi prochain pour un guide pratique avec toutes mes astuces et bonnes adresses à Venise ;)

En attendant... ciao !

 

Commentaires

Facebook Twitter Instagram Pinterest Inspilia

Articles les plus consultés