Dissident Sheep à Venise : lumineuse harmonie


Hello mes chatons,

Nous voici déjà à la troisième et dernière ambiance, inspirée par la pièce maîtresse de la collection de Dissident Sheep inspirée par Nietzsche et Venise... C'est pour moi un moment de grande joie mêlée à une tristesse mélancolique, qui accompagne nécessairement tout projet qui a sollicité de moi tant d'excitation et de préparation.

Voir Venise souffrir récemment par les dernières inondations est douloureux, maintenant que je connais un peu cette magnifique ville. Cela me fait drôle de voir mes photos prises il y a un mois, une sorte d'irréalité en ressort quand on les compare à l'état de la ville aujourd'hui. J'avais un peu hésité à continuer de publier mes photos, de peur que ça paraisse irrespectueux, mais après avoir eu quelques mots de mes abonnées italiennes et vénitiennes, on m'a encouragé à montrer Venise sous son beau jour, comme si cela aiderait mieux à chasser ces pénibles moments et faire revenir la flamboyance de la Sérénissime.

Pour cette dernière partie de notre collaboration avec Jeanne, j'ai choisi une tenue très simple pour contraster avec le raffinement exquis des broderies que Jeanne a créé. Je voulais laisser les bijoux apporter ce "wow" qui achève une tenue, même la plus simple qui soit. Cela me semblait plus en accord avec Venise, car la ville est pleine de contrastes, mais ensemble ils forment une harmonie sublime. Si vous en prenez plein les yeux avec la richesse et la grande délicatesse des palais, vous trouverez également le réconfort tendre et maternel de la pierre simple dans les ruelles. Venise me fit l'effet d'une ville baroque par excellence, où si l'on prenait chacune de ses parties séparément elles ne vibreraient pas de la même façon. Les éléments de Venise paraîtraient un peu gauches et maladroits. Ce n'est qu'une fois ensemble que les différents morceaux de Venise chantent une musique pleine de contrastes, et donc par là, vivante.

J'ai rarement pu sentir autant de vie qu'à Venise. La ville tout entière se tient à l'unisson, chaque quartier répond à un autre, et ensemble forment une mélodie pleine de nuances et de couleurs, tel un contrepoint de Bach. Venise la commerçante s'est enrichie au fur et à mesure des siècles de ses échanges culturels, si bien que l'architecture globale est unique, entre inspirations mauresques, gothiques, baroques, le tout saupoudré de cette couleur ocre de l'Italie et qui n'a nulle autre pareil. Ces diverses influences pourraient être une véritable cacophonie criarde, s'il n'y avait cette magie vénitienne qui non seulement les unit, mais sait mettre en valeur chaque élément, justement parce qu'ils sont différents. Ils ont besoin les uns des autres pour briller individuellement, puis ils savent s'effacer doucement pour laisser la ville tout entière prendre corps et chanter son identité. Est-ce parce que je suis moi-même profondément animée par tant d'influences dans mon propre sang, que je me suis sentie si touchée par Venise ? J'avais le sentiment que cette ville me comprenait, et qu'elle me murmurait des encouragements, en me disant "regarde-moi comme je suis belle et unique, et pourtant regarde comme je suis pleine de contrastes et d'influences !". Ma double nationalité et double culture que j'ai souvent vues comme des fardeaux déchirants devenaient alors ma propre richesse, et en revenant de Venise je me suis sentie galvanisée.

Je trouve ça étrange comme un lieu qu'on ne connaît pas devient un évidence. A l'image de Burano, Venise m'a enveloppée de son intimidante tendresse, toujours un peu mystérieuse mais toujours prête à se laisser écouter. Quand je me rappelle les murs de la Sérénissime, je n'arrive pas à imaginer autre chose qu'une déesse, miraculeusement sortie des flots, toujours là pour nous montrer que le sublime existe. A Venise, je devais tout le temps me rappeler qu'elle fut construite, pierre par pierre, par les humains, sinon il m'était facile de me perdre dans l'idée qu'elle fut déposée là, entière, tant il n'y a rien à ajouter pour qu'elle atteigne la perfection. Une perfection contrastante, entre brute simplicité, murs grignotés par les algues, verdure inattendue, et raffinement extrême des dorures minutieuses et des sculptures qui ornent palais et places publiques. L'évidence se trouvait là sous mes yeux, les bijoux de Jeanne qui étaient faits pour aller chanter quelques jours au sein de l'harmonie vénitienne, rapportant avec eux un peu de cette magie supplémentaire. Avec le recul, j'ai du mal à imaginer un endroit qui conviendrait mieux encore que Venise pour aller prendre en photo les bijoux de Jeanne, tant sur place leur rencontre semblait finir une phrase qu'ils avaient commencé. Une musique qui fait vibrer l'âme tout entière, qui l'élève à l'extraordinaire, et qui fait danser l'étoile.



Crédit photos : Luc Dujardin

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Collier "L'étoile qui danse" et Turban par Dissident Sheep.

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Commentaires

  1. Ces photos sont vraiment très réussies. J’adore le fait de pouvoir porter une pièce aussi éclatante pour rendre une tenue simple extraordinaire !
    Bravo pour ton témoignage d’affection envers la Sérénissime !
    Mille baisers
    Jade

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  2. Une si belle ville pour une si belle collaboration.
    bisous

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