Arrêter de consommer, le début de la liberté ?



Hello mes chatons,

Premier post du mois de juin avec des photos de fin avril, joli saut temporel n'est ce pas ;)
A vrai dire en prenant ces photos je n'avais qu'une hâte : être en juin, avec des températures douces et un beau soleil, tout qui respire le début de l'été et les journées farniente qui s'amorcent...

Mon look est à 99% du vintage ou de la seconde main, exception faite pour ces chaussures, qui seront sans doute mon seul achat mode pour l'été et pour lequel j'avais bien économisé mes ventes sur Vinted. D'ailleurs, à ce propos, je suis un peu insatisfaite avec ma consommation mode, car même si je n'achète pratiquement plus rien de neuf (et quand je le fais c'est 100% des marques éthiques), j'achète encore et pourtant j'ai les armoires bien pleines. Je me pose beaucoup de questions sur les raisons pour lesquelles j'achète des vêtements et des accessoires, et même si je n'achète que des choses que j'aime réellement et que je porte, je trouve que j'ai trop de choses. Je me sens en quelque sorte étouffée pour toutes ces propriétés.

J'ai bien envie de me mettre à l'essai et pour la première fois de ma vie, ne plus acheter quoique ce soit, sauf le nécessaire de base comme des collants et des culottes. Au final quand je regarde mes armoires j'ai vraiment tout ce qu'il faut, et même si souvent mes motivations sont esthétiques et que j'ai des habitudes de collectionneuse, avec des pièces précises en tête que j'ai envie d'avoir, je me sens un peu parasitée par cette frénésie de la possession matérielle. Je pense que ça vient de mes relations très pathologiques avec les choses et en particulier la nourriture, car après avoir eu des années de privation à cause de la maladie, notamment à cause de ma colopathie qui restreint de plus en plus les aliments que je peux manger, je supporte très mal la frustration en général et quand j'aime quelque chose j'aime pouvoir l'avoir, juste parce que sinon j'ai le sentiment d'être privée et diminuée par l'impossibilité de posséder. C'est en fait un sentiment très infantile dont j'aimerais me débarrasser car je trouve qu'il pollue non seulement ma relation à mon environnement mais aussi mes pensées, et je me retrouve à être littéralement obsédée par quelque chose des semaines durant, ce qui pompe mon énergie que je préfèrerai au fond mettre en oeuvre à d'autres fins... et je me rends compte que j'ai des obsessions pour tant de choses que mon esprit est très encombré de ces pensées parasites au point de ne plus avoir l'énergie nécessaire pour se focaliser de façon durable sur des sujets plus indispensables.

Cette année, en essayant pour la première fois de ma vie de prendre mes TCA à bras-le-corps et à en guérir, j'ai affronté plein de mes peurs, notamment alimentaires, et au final ça m'aide à me tourner vers d'autres peurs bien plus profondes que je ce que j'imaginais. Mais le pire reste cette peur de la privation, au point de préférer ne pas manger pendant plusieurs jours plutôt que de manger quelque chose que je n'aime pas, ou de ne rien faire plutôt que de lire un livre qui ne me plaît pas, ou de ne pas faire de photos si je n'ai pas acheté de nouvelles choses ou s'il me manque un objet en particulier, pourtant remplaçable avec d'autres choses que j'ai. Bref, au final, rien de grave, rien qui menace ma vie, mais plein de choses qui la gâche pour des broutilles. Et je ne sais pas comment, mais la guérison s'amorce, je le sens. Même si j'ai encore de vieux réflexes (extrêmement infantiles, c'est assez impressionnant), et que mes démons intérieurs reviennent, je me sens beaucoup plus forte et j'arrive mieux à leur résister. J'utilise plein de méthodes de persuasion intérieure, parmi elles trois sont particulièrement efficace, que ce soit pour l'alimentation ou pour les achats :

- je me demande si j'en ai vraiment besoin, un besoin vital (est-ce que j'ai vraiment faim ou je cherche à combler un manque ou du stress ? est-ce que je désire vraiment tel objet ou bien c'est plus un caprice ou le désir de ressembler à quelqu'un ?)

- je récite un ou deux Pater. Sans rire, c'est vraiment efficace : je détourne mon attention sur quelque chose de spirituel, et le temps de les réciter je remarque que ma pulsion de départ est moindre, au point de me demander comment j'ai pu m'emballer pour des choses sans importance.

- enfin, je me demande si c'est absolument éthique : est-ce que l'aliment en question est local ? si oui, est-il bio ? Quelle est son empreinte carbone ? Pour les vêtements : d'où viennent-ils ? est-ce que je vais me les faire livrer à domicile, et dans ce cas ça vaut vraiment le coup de consommer de l'énergie et polluer la planète juste pour satisfaire mon ego ? etc.

Je vous assure que dans 99% des cas toute envie de consommer est coupée. Pour la nourriture, je me dis une chose supplémentaire qui marche très bien, que j'ai le droit de manger. C'est tout simple, mais quand on a des TCA, c'est très dur de réaliser qu'en fait on a le droit légitime de se nourrir, et que ça ne fait pas de nous des êtres méprisables.

C'est donc en réfléchissant à tout ça que j'ai eu très envie de vous en parler, et de me lancer sur la voie du 0 consommation. Je me donne une exception, celle des brocantes, tout en essayant de me modérer au possible et de n'acheter que des choses dont j'ai besoin ou des pièces rares. La première condition étant de facto résolue puisque je n'ai besoin de rien, je vais me concentrer sur la seconde. Par exemple, la jupe que je porte sur les photos est une trouvaille de brocante l'année dernière, parmi mes plus belles occasions. Il s'agit d'une très belle jupe Soleiado faite sur mesure pour un mariage, payée une bouchée de pain, et elle est exceptionnelle non seulement par sa grande qualité (tissu tissé, imprimé et cousu en France), mais aussi pour son style que j'adore, et je la porte énormément depuis que je l'ai. C'est donc pour des affaires comme celle-ci qu'il me faut me concentrer, et en restreignant le cercle d'achat uniquement aux brocantes à proximité de chez moi, en excluant toute boutique vintage ou de seconde main sur internet.

Pour la première fois de ma vie, j'aimerais vraiment tenir cette promesse, qui fait plutôt office d'un voeu moral que de simple résolution. Je ne supporte pas avoir mauvaise conscience, et pour libérer mon esprit de toutes ces pensées parasites, j'aimerais aussi me lester de mes relations pathologiques à la consommation, et garder un peu d'argent pour épanouir mes désirs de voyage qui se font très pressants après deux ans à rester chez moi.

Et vous, qu'en pensez-vous ? Avez-vous aussi envie de vous diriger vers une consommation moindre, par soucis d'économie ou par envie de vous concentrer sur des choses plus essentielles ? Si vous avez des astuces pour aider à se débarrasser de ces pensées parasitaires, n'hésitez pas à les partager en commentaire, cela pourrait m'aider et aider les autres ;)

Sur ce, je vous souhaite un beau weekend de Pentecôte, je vous laisse avec ces photos pendant lesquelles germinait déjà en moi le contenu de cet article, et je vous dis à très vite !

Bécots <3


Crédit photos : Luc Dujardin

* * *



















Commentaires

  1. Très beau texte, Matoushi, je m'y retrouve pleinement. J'ai comme toi des obsessions d'achat qui durent quelques semaines ou mois... J'adore regarder des sites de mode, renouveler mes tenues. Et je trouve très difficile de changer mes comportements. Pour moi, l'achat sur Vinted n'est pas du tout une solution : la plateforme est très addictive, on y pense tout le temps ; ça ne fait que nous rendre plus consommatrices, de vêtements d'occasion mais ça reste des achats ; et question empreinte carbone, ce n'est pas top la livraison de colis ! Je me dis qu'il faudrait perdre l'habitude d'acheter pour résoudre les émotions négatives, mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Le chemin est long pour se défaire des normes ! En tout cas merci.

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    1. Je suis tout à fait d'accord, Vinted est très addictif, c'est vraiment dangereux pour des accro aux bonnes affaires comme toi et moi... Ok on ne se ruine plus, mais au final le problème de fond n'est pas réglé, car tu le dis bien, il faut apprendre à ne plus soigner ses émotions négatives par des comportements compulsifs. Le chemin est long mais on peut en venir à bout, déjà se rendre compte du soucis est un très grand pas en avant ;)

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  2. Bonjour Matoushi,
    Merci pour ce texte qui me fait écho. J'essaie de faire attention à mes achats depuis deux / trois ans car je savais que j'allais devoir déménager loin et que je ne pourrai pas emporter toutes mes affaires. Et pourtant en faisant le tri, il y a en toujours trop. J'ai récupéré de la vaisselle, des draps, des serviettes... Tout est dépareillé, pas du meilleur goût mais au final, j'étais contente de ne pas acheter et de donner une seconde vie à ces objets. Pour les vêtements, j'ai des critères (pas transparent, robe / jupe longue, pas de décolleté...) et il faut que je puisse assortir facilement. Pour la nourriture, je pourrais vraiment faire un effort dessus (je mange sur le coup de émotions), je cède d'ailleurs plus facilement à la nourriture qu'aux achats. J'essaie de me retenir car je sais que si je mange suite à une émotion, le goût me paraitra fade ou écoeurant. Ou j'essaie de faire une activité qui me plaît, de me distraire comme tu le fais en récitant une prière. En faisant une activité qui me plaît vraiment, ça me permet de me concentrer sur quelque chose qui a du sens. Dessiner, lire, écrire, faire du sport, aider quelqu'un... c'est beaucoup plus gratifiant que d'acheter quelque chose qui souvent finira par être jeter (et je culpabiliserai suite à l'achat et encore plus si je jette)

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    1. Merci pour ton commentaire et pour partager ton expérience :) j'aime beaucoup ton idée de te concentrer sur une activité qui te plaît et qui donne du sens au temps qui passe, je te rejoins là-dessus car en prenant de l'âge (il faut le dire, j'approche de la trentaine !), au final ce qu'il me reste de plus précieux sont mes souvenirs et non les objets accumulés au fil du temps...

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  3. Salut ! j'ai eu la même réfléxion que toi sur la consommation il y a plusieurs années ! J'avais d'abord intellectualisé le processus (j'avais lu notamment l'art de l'essentiel de Dominique Loreau, puis quelques années plus tard Zero déchet de Bea Johnson).
    Pour vraiment changer, outre le fait que j'y ai pensé et réfléchi en me posant les mêmes questions que toi (est-ce que c'est utile ? en ai-je besoin ?), c'est aussi le fait de faire d'autres activités qui ont beaucoup contribué.
    Par exemple, j'ai arrêté d'aller sur des blogs mode (j'en ai juste gardé 1 lol que j'adore, celui de Tokyobanhbaoh), je ne fais plus les magasins. J'ai remplacé ces activités : je vais presque toute les semaines à la bibliothèque, et j'emprunte pleiiiiins de livres, j'ai l'impression de faire des économies ! Je me suis remise à la musique.

    Par contre, je dépense toujours : je fais des massages, je m'achète des fleurs, je prends plus souvent le taxi, je vais au musée, au cinéma. Tout ceci coûte cher, mais au final, l'argent que je ne dépense pas en objet, je le dépense en "expérience".

    Ah oui, j'ai aussi fait un super désencombrement chez moi, et comme c'était ensuite super bien rangé, j'ai voulu garder ça comme ça et pas le ré-encombrer.

    Je suis désormais maman d'un bébé de 18 mois, il a une petite garde robe, et peu de jouets (par rapport à mes amis ou aux auttres enfants de ma famille lol) MAIS c'est super facile à ranger, et il est quand même bien habillé car tout ce qu'il a est très joli (il a 8 tenues en tout, mais les hauts et les bas se mélangent !). Pour son anniversaire et les fêtes, je demande à ma famille soit un type de jouet précis (ex : un xylophone, un livre musical), ou des vêtements, et j'interdis certains trucs lol (genre les jouets ultra bruyants lol)

    voilà ma petite expérience, je trouve que c'est une super démarche que tu as, et je te conseille pour "tenir" de te couper des médias qui veulent toujours te faire acheter plus, et te tourner vers des activités gratuites intéressantes :)

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    1. Merci pour ton superbe témoignage, et permets-moi d'y ajouter de l'admiration pour tout ce chemin que tu as accompli !! Honnêtement depuis que je vis à la campagne 90% de mes activités ont été remplacées par des expériences gratuites comme la randonnée et le jardinage. Je suis bien d'accord avec toi sur les médias, il faut apprendre à s'en éloigner, tout comme ignorer les tentations dans les boutiques en y mettant pas les pieds. Le plus dur à mon avis reste les mails et les sites de bonnes affaires, mais au final c'est pareil : il suffit de ne pas cliquer dessus. En tout cas merci beaucoup pour ton commentaire qui m'envoie plein d'ondes positives, ça fait un bien fou :) (et bravo pour tenir le coup avec ton enfant, les petits sont trop gâtés matériellement alors qu'au final ils n'ont pas besoin de tant de jouets, on les rend accro à la consommation avant même qu'ils ne sachent parler !)

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    2. Merci pour ta réponse ! ^^ c'est super gentil de dire que tu es admirative ! aha ! en tout cas, oui, je pars aussi d'assez loin, car je n'avais aucune culture du "mieux consommer", du moins consommer. C'était plutôt le contraire à la maison avec pleins d'objets, on guettait tout le temps les promotions pour se ruer dessus... Alors que maintenant que j'ai intellectualiser tout ça, ben... j'achète que ce dont j'ai besoin.

      En vérité, c'est assez facile pour moi de tenir le coup de ne pas noyer bébé avec masse de vêtements et jouets, car j'ai déjà intégré ce processus d'avoir moins de choses objets. Et puis, il faut avouer, ça coûte cher, et surtout ça met du bazar partout dans la maison. Donc finalement, pour notre santé mentale, on préfère économiser sur ça aha
      Avoir un bébé ça bouleverse tellement tout, il faut garder de l'énergie pour nous ! :)

      Je suis d'accord avec toi pour les newsletters. Moralité, je me suis désabonnée de toute les newsletters ! Depuis que bébé est né, je me suis ré-abonnée à 3 newsletters : jacadi, petit bateau et "les petits hauts" pour moi. je n'achète que lors des ventes privées et j'ai une petite liste de vêtements que je renouvelle (genre les 8 tenues pour bébé. on dépasse pas le chiffre ! et c'est cadeaux inclus. Du coup, cet hiver, j'ai acheté que 3 vêtements, car toute sa garde robe a été offert par la famille. Il lui manquait juste un petit pull et 2 pyjamas ).

      Pour moi, en hiver c'est 3 pantalons, 1 short, 1 jupe longue, 2 robes, 9 tops, 8 paires de chaussettes noires, 4 collants, vestes, gilets, pulls, 3 manteaux... :D (en printemps je crois que j'ai plus d'items car ça s'accumule au fil des ans ! mais je mets pas tout....)

      Enfin voilà, je partage juste mon xp, car je suis aussi passée par le même stade que toi. je ne me pose plus trop de question maintenant. il faut dire aussi que consommer moins, permets au final de faire pas mal d'économies alors c'est aussi un cercle vertueux, on se force pas trop lol

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  4. J'ai oublié de dire que ton look était super mignon, et que prendre des photos, faire des arrangements avec ce que tu as... c'est déjà des supers activités "gratuites" et amusantes XD

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    1. Haha, oui, tout à fait ! et ça booste la créativité, on apprend à se contenter de ce qu'on a. Et merci pour ton compliment ;)

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  5. Cassandre07 juin, 2019

    ARRÊTER DE CONSOMMER, LE DÉBUT DE LA LIBERTÉ ?

    Oui, une forme de liberté du moins!
    Encore plus d'émancipation de nos sociétés aliénantes.

    Voila un sujet, une envie, qui revient de plus en plus souvent sur les lèvres de mes amis et de mes proches, proches et aux alentours de la trentaine.
    Je crois que la majorité d'entre nous cédons aux sirènes du consumérisme à l'approche de la vingtaine et des premiers salaires... puis tout doucement le temps passant nous nous lassons. (ou pas cela dépend des personnalités).
    Nous ressentons une lassitude dans la consommation à outrance, dans le fait de jeter, de renouveler sans cesse ou de stocker.
    Je plussoie quant au désir de cesser ceci et d'apprendre le bonheur autrement, d'abord parce que nos espaces de vies ne sont pas extensibles (d'où la sensation d'étouffer devant une accumulation sans fin), ensuite simplement parce que cela comble certes, mais uniquement de manière temporaire. Cela n'apporte donc pas le bonheur sur la durée, dans la construction de soi et de sa vie sur le long terme.
    Pour ma part, j'ai été tellement heureuse à un moment de voir mes armoires se remplir puis déborder, puis au bout de quelques années j'ai été emplie d'angoisse devant, autant à l'idée que cela soit trop, que part celle de devoir faire du vide. Peut-être parce que j'associe mes objets et mes possessions matériels à des moments de ma vie, aussi l'idée de m'en séparer me donnait l'impression de jeter une partie de moi. Ridicule s'il en est, au final nos expériences nous appartiennent sans avoir besoin de matériel pour nous les rappeler.
    Premier pas, de serial acheteuse, j'ai d'abord arrêté les séances de "lèches-vitrines", puis les sessions de compilation et de wishlist sur mes sites favoris. Deuxième pas, je n'achète quasiment plus jamais de vêtements neufs, et je privilégie la seconde main. Troisième pas j'apprend à me demander si j'en ai vraiment besoin, ou s'il s'agit encore d'une envie malsaine de "combler". Je ne désespère pas d'arriver au quatrième pas, celui de ne plus en éprouver le désir.
    A ce sujet je me tate pour tenter un challenge sur "zéro achat" pendant une durée déterminée, pour continuer à m'assainir et finir par y arriver.

    N'auriez vous pas envie de monter ce challenge en groupe aussi?

    Encore merci pour vos articles.

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  6. Bonjour
    je voulais vous féliciter pour votre site que je trouve très intéressant et charmant. Les photos sont très évocatrices et votre style et excellent.
    Vous montrez que l'on peut harmoniser recherche du beau et du vrai à la fois.
    J'apprécie beaucoup vos réflexions philosophiques et non.
    Je vous suggère de vous intéresser au courant de la décroissance sereine, Serge Latouche et Pierre Rabhi entre autres : polémiques diverses à part, je trouve leur discours plein de bon sens. Et il devrait bien se marier, en plus, avec votre nouvelle vie à la campagne.
    Bonne continuation et au plaisir de vous lire encore.

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