L'instant qui dure #mai2019

Hello mes chatons,

Je vous retrouve en ce dernier jour du mois de mai pour la troisième édition de la rubrique L'instant qui dure, et je n'arrive pas à croire que ça fait déjà trois mois que j'ai décidé de faire ce rendez-vous mensuel ! Le temps passe si vite... si vous tombez par hasard sur ce post ou si vous n'aviez jamais lu mon blog avant, j'explique dans cet article en quoi consiste cet "instant qui dure". Le mois de mai cette année fut assez dur pour mon moral, j'ai dû encaisser des échecs douloureux d'autant plus que j'avais beaucoup sacrifié cette année pour étudier. Mais malgré tout, la vie continue et les moments de joie sont toujours là, il faut s'y accrocher pour ne pas perdre foi en l'existence.

Sans transition, c'est parti ;)

Pour l'amour du thé


Au tout début du mois j'ai fait une folie sur le site de Dammann Frères et je me suis commandé mes thés favoris ainsi qu'une jolie boîte en papier japonais pour stocker mon thé préféré, le Houjicha. La dernière fois que je suis allée au Japon je voulais ramener des dizaines de jolies boîtes mais je n'ai pas eu le temps d'aller dans les boutiques spécialisées, or comme je bois beaucoup de thés différents je manque toujours de boîte pour les stocker ! En allant sur l'eshop de Dammann j'ai eu la bonne surprise de voir qu'ils en vendaient de très belles et élégantes à des prix tout à fait corrects. Au Japon évidemment c'est moins cher, mais je trouve que Dammann prend une marge honorable et sans abus (au Japon comptez 800-1000 yens minimum pour une boîte en papier de 100g de contenance, soit environ 6€ à 8€, et sur le site Dammann elles sont à 13€. En sachant qu'au Japon les prix peuvent vite grimper en fonction de la qualité du papier et des finitions de la boîte.)

Je prends de plus en plus au sérieux le thé, au point que c'est devenu un véritable rituel sacré pour moi. Je bois 5 à 6 thés différents dans la journée, en fonction de l'heure, des repas et du temps qu'il fait. Le matin j'aime un thé noir épicé ou fruité, puis je prends un thé noir plus léger (le Mangue égyptienne est extra) jusqu'au midi, ou bien un thé de saison comme le Shincha Uji (absolument sublime). Après le repas je suis inconditionnelle du Houjicha, un thé japonais excellent pour la digestion et qui fait des miracles pour ma colopathie. Malheureusement, impossible de retrouver le goût fabuleux de celui que je me ramène habituellement du Japon, mais celui de Dammann est tout de même très bon. Une fois fini je suis bien tentée de commander du Kuki Houjicha pour goûter la différence entre les deux. Ensuite, je poursuis l'après-midi avec un thé vert très fleuri, mes préférés dont le Miss Dammann, Macaron-Cassis-Violette, et Une nuit à Versailles. Enfin, pour le goûter et le début de soirée j'aime boire du Oolong, soit nature soit le fabuleux Oolong Châtaigne que je bois été comme hiver depuis 3 ans et dont je ne me lasse jamais. Et ensuite selon mon état d'esprit et de digestion je prends soit un thé rouge, soit une tisane.


Le thé est devenu si important pour moi que je commence aussi à collectionner les belles théières, et chaque théière est destinée à accueillir un thé particulier. Je ne mélange jamais le thé noir avec le thé vert ni avec le thé oolong, car en prenant exemple sur la pratique chinoise du thé je ne lave jamais mes théières au savon, juste un coup d'eau. Mes théières sont toutes en céramique ou en porcelaine, et donc elles sont un peu poreuses. Cela fait que le thé se dépose sur les parois et les imbibe en quelque sorte de sa saveur. En ne les lavant pas, les théières finissent par renforcer le goût du thé et ses saveurs se développent beaucoup mieux, et il n'en est que plus savoureux. Mon rêve (oui, c'est un rêve, carrément !) serait d'avoir réellement une théière pour chaque thé, dont les mini théières en céramique pour le Oolong.  Je vous l'ai dit, je ne badine pas avec le thé ! 

Pour moi c'est un rituel merveilleux pendant lequel je prends le temps de ne faire que ça. C'est bien simple, si je fais autre chose pendant que je fais mon thé, je l'oublie et il devient infâme. Un bon thé est un thé à qui on a donné du temps pur, sans rien y mélanger. J'attends l'eau qui bout, je la verse doucement sur les feuilles que j'ai soigneusement mis dans le filtre avec une cuillère spéciale, après avoir apprécié à l'oeil les couleurs, les textures des feuilles et au nez les odeurs uniques qui s'en dégagent, j'attends l'infusion... je prends le temps de tout rincer, de choisir la tasse adéquate, ensuite je prends le temps d'admirer la couleur du thé, ses senteurs, puis ses saveurs. Au final ça prend quoi, à peine 10 minutes, mais le fait de n'avoir fait que ça permet d'épurer ses états d'âme et ne diriger son attention que vers une seule chose. Et du coup, le temps semble comme suspendu, en arrêt, un instant d'infini. En plus ce sont des gestes séculaires que les humains effectuent au quotidien dans un grand nombre de cultures extrêmement différentes, alors je me sens entrer dans un cercle culturel et je ne suis plus moi, mais les gestes eux-mêmes, et en cela j'exprime mon moment d'éternité.

Le beau jardin


En parlant de gestes séculaires, j'ai pu enfin faire mon jardin ce mois-ci. J'attendais impatiemment que les saints de glace passent pour planter sans risque de gel, et croyez-moi je trépignais sur place, mais j'ai bien fait d'attendre car on a eu du gel dans le mois et j'aurai perdu des plantes si je n'avais pas attendu. Avec l'Amoureux on a tout bêché, puis on est allés chercher des pousses chez un pépiniériste local. Je ne sème plus en pleine terre car j'ai essayé et je ne pense pas avoir d'assez bons gestes pour cela et ça n'a pas été très efficace. 
Cette année on a fait les choses bien, avec une carte du jardin que j'ai dessiné pour me rappeler ce qu'on a planté, on a bien pensé où mettre chaque légume, à faire des passages pour arroser, etc.
Et je me suis fait un kiff, devant la maison j'ai fait un grand parterre de fleurs. J'ai eu la merveilleuse surprise de voir fleurir des graines semées l'année dernière ! C'est tellement agréable de voir les plantes pousser. Cela me brise toujours un peu le coeur de devoir arracher celles qui ne me plaisent pas, mais bon c'est essentiel pour ne pas qu'elles s'étouffent les unes les autres... Maintenant, il va falloir patienter encore jusqu'aux récoltes, et lutter contre limaces et parasites ! Un jardin, c'est beau mais ce n'est pas de tout repos, ce qui à mon sens ne fait qu'en doubler sa valeur :)

Autre joli jardin, celui à l'intérieur de la maison car depuis deux ans j'ai de plus en plus de plantes d'intérieur et je prends un grand plaisir à m'en occuper. Chaque matin et chaque soir, c'est un autre rituel qui s'est mis en place, celui de regarder, vaporiser, arroser et bichonner mes plantes. J'aime en particulier les plantes exotiques avec des feuilles colorées comme le croton, mais j'ai aussi des plantes comme le fuchsia et le bégonia que j'aime beaucoup. J'avais failli perdre mes plantes l'année dernière, très enfoncée dans ma dépression je ne prenais plus soin de rien, ni des autres ni de moi-même. Je suis bien heureuse de m'être réveillée et de les chouchouter à nouveau, elles me le rendent bien et sont magnifiques à présent. C'est une grande joie de les voir lutter pour leur vie et de s'épanouir quand j'en prends soin.


Les rituels comme remèdes contre la dépression ?

Au final je me rends compte que le mois de mai a été nettement placé sous la mise en place de façon pérenne de rituels qui m'aident au quotidien à me reconnecter à la vie. Ca avait doucement commencé avec les chats l'année dernière, entre Minette et Triste Sire qui sont venues dans le jardin et dont je devais beaucoup m'occuper pour les sauver de la famine. Peu à peu, j'ai appris à être obligée de me sortir des moments de dépression très intenses, ne serait-ce que pour protéger la vie de ceux qui avaient besoin de moi pour survivre. C'est finalement en sortant hors de moi-même que j'ai pu mettre lentement une certaine distance entre les idées qui me pourrissent la vie et la beauté de la vie matérielle pure. Malgré les mauvaises nouvelles du mois de mai et la profonde tristesse dans laquelle je suis plongée, ce sont ces petits rituels quotidiens qui m'aident à me reconnecter au temps de la vie et à m'arracher du temps lymphatique de la maladie mentale. Il est tellement facile de complètement perdre pied avec la dépression, d'oublier le temps mais carrément la vie, on oublie de se laver, de prendre soin de sa vie matérielle en mangeant n'importe quoi, en ne sortant plus de chez soi, en ne faisant plus rien que s'abandonner au désespoir de la dépression. Le matin, je dois me lever parce que les autres vies ont besoin de moi, aussi humbles soient-elles, et j'en suis responsable, c'est mon devoir de leur donner un cadre de vie propice à leur épanouissement. Alors, c'est en faisant attention à cette vie au dehors de moi-même que je retrouve un peu d'estime pour la mienne, car au fond c'est presque de la rhétorique de base : si je ne prends pas soin de ma propre vie, j'abandonne aussi celle des autres, puisque je ne serai pas assez apte pour les aider. Bref, je suis contente de constater qu'au final ces rituels m'aident énormément. Ma vie est encore floue sur bien des aspects, mais regarder s'épanouir mes chats et mes plantes en buvant ma tasse de thé est devenu très clairement une belle réussite que personne ne saurait m'arracher. Et quand l'angoisse survient, quand je doute, quand je me trouve minable ou que rien ne se passe comme je le souhaite, je découvre qu'une telle plante fleurit, une autre fait de nouvelles pousses, mes chats me sollicitent pour jouer avec moi ou viennent réclamer un câlin, et d'un coup, l'essentiel revient, la vie me retrouve et je respire à nouveau.


Commentaires

  1. Courage, Feriel ! Ne perds ni confiance ni courage en ton chemin. Je suis moi-même professeure de lettres dans un lycée, je sais l'immense amas de connaissance qu' il faut engloutir, réunir, rassembler patiemment dans un coin de nos mémoires. Je suis très touchée par tes mots, et je n'ai de cesse de revenir ici, tant cet espace témoigne d'une grande richesse intérieure. Courage et force pour toi . :)

    RépondreSupprimer
  2. Cassandre05 juin, 2019

    Merci pour cet article, quel plaisir à lire (et à regarder), et pour le partage.
    Cela me redonne envie de me remettre à des thés de qualités, et bien plus encore au fait d'y consacrer du temps... celui de le savourer mais également celui de savourer le moment de préparation, un peu comme un temps suspendu et une méditation intérieure....

    Au plaisir de continuer à vous lire.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Merci pour votre petit mot, je vous réponds au plus vite !

Facebook Twitter Instagram Pinterest Inspilia

Articles les plus consultés