Que vous ayez désespéré, en cela il est beaucoup à honorer.


Hello mes chatons,

Aujourd'hui je vous montre un peu ce qui est mon uniforme en ce moment :  une robe légère et fluide avec mon gros manteau vintage en peau de mouton, un béret, des lunettes de soleil et surtout mes grosses New Rock que j'ai enfin reçu il y a peu !

Après des années à chercher mon style, je pense trouver à peu près ce qui me ressemble le plus... C'est fou de dire ça, mais j'étais si peu sûre de moi et je n'aimais tellement pas ce que j'étais que j'avais un mal fou à assumer mes choix. Je sais qu'on ne dirait pas, on m'a toujours dit que j'avais un style très affirmé. Au fond, ce n'était pas vrai. J'essayais de ressembler à des personnes que j'admirais ou qui me faisaient rêver, jusqu'à ce que je me prenne quelques baffes dans la tronche, et que je comprenne que mon admiration était souvent démesurée par rapport à la réalité. Je transformais mon manque de confiance en moi en une idéalisation des autres, de tous les autres, je pensais en permanence qu'ils étaient tous tellement mieux que moi, et je me regardais tous les jours en ayant honte d'être moi. Et puis, j'ai peu à peu affirmer ce que j'aimais. Parfois, ça coïncidait avec les goûts des autres, parfois non, et j'ai fini par ne plus du tout me soucier de ça. Je ne me suis posée plus qu'une seule question : est-ce que ce vêtement me met en joie ? Est-ce que je l'aime vraiment ou bien je le porte parce que j'essaie désespérément de correspondre à quelqu'un ou quelque chose qui me donnera le sentiment d'être acceptée par un plus grand nombre de personnes ?

Cela m'a permis de me libérer de beaucoup de mes vêtements, j'ai fait un très gros tri (d'ailleurs si ça vous intéresse j'ai un compte Vinted !), et je me suis sentie soulagée. Un énorme poids s'est enlevé de mon coeur, et maintenant quand je regarde mes vêtements pour m'habiller, je les aime (presque) tous (presque parce que j'ai encore du tri à faire !). Déjà, je me sens mieux depuis que 90% de ma garde robe est soit vintage soit de la seconde main, soit de la fabrication éthique. Cela m'enlève beaucoup de culpabilité de regarder mes affaires sans me dire que je m'habille au détriment de la vie d'autres êtres humains. Mais bon, ce n'est pas le sujet aujourd'hui.

Enfin, y a-t-il vraiment un sujet dans ce post ?? Je ne sais pas, à vrai dire j'avais envie de vous parler de tellement de choses que j'ai l'impression que ça va être un peu confus tout ça !

Je voulais en fait vous parler de ma tenue du jour, chose que je fais très très peu sur ce blog, mais là ça s'impose de soi-même, je suis obligée de m'y plier. J'ai découvert Vinted il y a peu, grâce à Jeanne (l'être humain merveilleux qui se cache derrière les sublimes bijoux brodés Dissident Sheep), un site sur lequel chacun-e vend ses affaires neuves ou déjà portées, et qu'on peut acheter sur la même plateforme. C'est absolument génial !! On y trouve de tout, mais il y a moyen de trouver des pépites, et je vous avoue que je suis déchaînée ces derniers temps, j'ai fait des trouvailles dingues ! La robe que je porte sur les photos et les lunettes viennent de Vinted. La robe est en soie, en super état, la vendeuse était hyper gentille en plus. Et les lunettes... des Miu Miu que je cherchais dans ce colori depuis des années, j'avais renoncé quand elles sont apparues ! La personne qui les vendait m'a confié qu'elle ne les avait jamais mises et qu'elles dormaient dans son placard... je suis du coup vraiment contente, une belle quête qui s'achève !

Une autre quête qui s'est achevée durait depuis bien plus longtemps, c'était celle de ces bottes New Rock. Bon, je ne les ai pas chinées sur Vinted ou en brocante, je les ai achetées via le site New Rock France... mais cela faisait depuis mes 13 ans que j'en rêvais, et je ne sais pas pourquoi je m'étais toujours refusé à les acheter ! N'importe quoi ! Je vous l'ai pas mal raconté l'année dernière, j'ai toujours vécu avec des forts contrastes dans ma personnalité qui m'ont bien souvent fait souffrir... Notamment, j'ai essayé de refouler mon gothisme durant une dizaine d'année, jusqu'à ce que poussée par mon copain je finisse par envoyer bouler toutes mes craintes d'être refusée par une catégorie de personnes, ou mal jugée, ou je ne sais encore quelle peur stupide de vouloir absolument trouver l'assentiment de personnes dont au fond je me fous éperdument. Je m'en fous des catégories, j'en ai rien à cirer d'être girly, romantique, preppy, rock, gothique, ou vintage, pinup ou quoi d'autre. Qu'est-ce que je m'en fiche de ces catégories ! De toute façon, avec ma personnalité, je ne serai jamais acceptée dans aucun groupe, je ne le supporterai pas au final. Alors au diable tout cela ! J'ai 27 ans, j'ai passé les 14 dernières années à me morfondre, à me détester, alors que cette vie elle est unique, et je ne peux pas la gaspiller à la vivre à moitié, tout ça parce que j'ai peur. Déjà, commencer par le physique, par mon style, c'est important, parce que j'ai envie de enfin renouer avec ce corps que j'ai malmené tout ce temps. Je veux faire la paix avec moi-même, et enfin aimer tout ce que je suis.
Voilà absolument tout ce qui est passé dans ma tête quand j'ai commandé ces chaussures x) je me suis dit que merde quoi, je les veux depuis si longtemps, elles me font rêver, c'est un rêve d'ado, parce que j'aime leur côté extrême, flippant, que j'aime pouvoir les porter avec des robes légères et fluides, des collants de couleur, parce que je suis cette personne qui adore regarder des films d'horreur en sirotant du thé, que j'aime autant lire Nietzsche que de me mettre du rouge à lèvre... quelle importance que ça soit cohérent ou pas... c'est mon joyeux bordel, mais c'est le mien, personne ne pourra jamais me l'enlever.

Au final, je découvre que c'est ce désir désespéré de chercher l'assentiment des autres, d'être aimée pour ce que je suis, d'être reconnue (dans le sens premier, c'est-à-dire connue à nouveau), d'être estimée, enfin bon tout ça est très narcissique... parce que je me manquais à moi-même. J'essayais donc de me trouver en les autres. Alors qu'on le sait toutes et tous, la plupart du temps les autres ils ne manquent pas une occasion pour asseoir leur pouvoir et leur domination sur nous... ils ne risquent pas d'essayer de nous pousser à être une meilleure version de nous-mêmes, car au final on est tous désespérés d'être nous-mêmes.

Je voudrais finir avec ces mots de Nietzsche, que je lis et que je dévore ces dernières semaines, qui me porte, qui me tourmente et qui me consume, et que j'aime tant...

* * * 

"Les plus soucieux demandent aujourd'hui : "Comment l'homme subsistera-t-il ?" Mais Zarathoustra, le seul et le premier, demande : "Comment l'homme sera-t-il surmonté ?"
C'est le surhomme qui me tient à coeur, lequel est mon premier, mon unique souci - et non l'homme ; non le prochain, non le plus pauvre, non le plus souffrant, non le meilleur. -
Ô mes frères, ce que je puis aimer chez l'homme c'est qu'il est un passage et un déclin. Et en vous aussi il est bien des choses qui me donnent amour et espoir.
Que vous ayez méprisé, vous les hommes supérieurs, voilà qui me donne espoir. Car ceux qui méprisent sont ceux qui grandement vénèrent.
Que vous ayez désespéré, en cela il est beaucoup à honorer. Car point n'apprîtes de quelle manière vous dévouer, point n'apprîtes les petites prudences.
Car aujourd'hui les petites gens sont devenus les maîtres : c'est dévouement qu'ils prêchent tous, et modestie et prudence et zèle et considération, et des petites vertus le long et coetera.
Ce qui est de féminine sorte, ce qui est né de servile race, singulièrement le populacier salmigondis, voilà ce qui se veut à présent le maître de toute humaine destinée. - ô nausée, nausée, nausée !
Voilà qui demande et demande, et jamais ne se lasse : "comment se va conserver l'homme de la meilleure façon, la plus longue, la plus agréable ?" Par là - ils sont les maîtres du jour d'hui.
Ces maîtres du jour d'hui, les surmontez, ô mes frères, - ces petites gens : ceux-là pour le surhomme sont le plus grand péril !
Ô vous, les hommes supérieurs, me surmontez les petites vertus, les petites prudences, les considérations de grain de sable, les grouillements de fourmilière, le pitoyable agrément, l'"heur des plus nombreux" ! -
Et plutôt désespérez que de vous dévouer à eux. Et, en vérité, si je vous aime, c'est parce qu'en ce jour d'hui vous ne savez vivre, vous, les hommes supérieurs ! Car si vous vivez, vous - de la meilleure façon !"

Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Quatrième et dernière partie, "De l'homme supérieur", §3


Crédit photos : Luc Dujardin

* * *

Robe : +Tara Jarmon (via Vinted)

Manteau : +Vintage

Bottes : +New Rock (dispo ici)

Béret : +Le Béret Français 

Accessoire cheveux : +Miss Bellas Blooms (eshop)

Lunettes : Miu Miu (via Vinted)

Bagues : +Lotta Djossou* (dispo ici)

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Commentaires

  1. Je sais que je ne te connais pas vraiment, mais moi je trouve qu'elle te ressemble vraiment, cette tenue ! (ou en tout cas d'après ce que je perçois de toi ahah)

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  2. Tes photos sont sublimes
    Et que cette tenue te va bien
    Les couleurs sont dingues!

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