La condition humaine (2/3) : L'oeuvre


Hello mes chatons,

Voici comme promis la suite du triptyque philosophique sur Hannah Arendt :D
J'ai un peu de retard car finalement je n'ai pas du tout eu le temps de lire ou de travailler ces deux derniers jours, et je dois avouer que ça fait du bien !

Au fait, avant que j'oublie, je vous souhaite un très beau Noël, et que quoique vous ayez fait ce jour vous vous sentez heureuses et paisibles. Peu importe la façon dont on passe ce jour, il n'y aucune façon parfaite de fêter quelque chose, tout comme il n'y a pas de honte à ne pas le fêter pour x ou y raison. Je vous dis ça parce que les réseaux sociaux parfois envoient une image déformée de la réalité, ou une image bien trop lissée et conventionnelle des fêtes, et on peut se sentir mal uniquement parce qu'on pense toujours que c'est mieux chez les autres. L'éternelle question de l'image tordue (parfois) que renvoient les réseaux sociaux ! (d'ailleurs j'ai écrit plusieurs articles sur le sujet comme ici et ici)

Bon, vous êtes prêt-es ? c'est parti pour la suite des aventures Arendtiennes !

L'oeuvre

 

La durabilité du monde

Si l'homme est animal laborans, qu'il est obligé de fabriquer de ses mains ce qui lui permet de subsister par le travail, et que par cette façon il peut être au monde, ou en tout cas il peut vivre dans le monde qu'il transforme en monde humain (vous pouvez relire mon article sur le travail chez Hannah Arendt pour avoir en mémoire ce sujet), il est aussi, en donnant à des objets fabriqués par lui une durée qui va au-delà de la dimension humaine, un homo faber. Notez ici que Hannah Arendt n'oppose jamais l'oeuvre au travail, mais admet volontiers que certains objets fabriqués par le travail peuvent devenir oeuvres, tout comme des oeuvres peuvent tout à fait avoir des caractéristiques communes avec les objets issus du travail. Il ne s'agit pas d'établir une hiérarchie entre l'oeuvre et le travail mais plutôt de montrer que la façon dont l'homme se réalise en tant qu'homme dans le monde n'est pas univoque, qu'il a de multiples facettes, et que réduire la condition humaine à une seule dimension est ontologiquement impossible.

Tout d'abord, et je commence par le plus important, l'oeuvre est ce qui permet à l'homme de s'inscrire dans une durée qui va au-delà du simple processus vital et du cycle vie-mort qui est constitutif de la biologie même de l'homme.

"L'usage auquel [les objets qui constituent l'oeuvre] se prêtent ne les faits pas disparaître, et ils donnent à l'artifice humain la stabilité, la solidité qui, seules, lui permettent d'héberger cette instable et mortelle créature, l'homme." (Hannah Arendt, La condition de l'homme moderne, chapitre IV "l'oeuvre")

Il ne s'agit pas de transcender sa mortalité vers une immortalité, ce qui est impossible, ou du moins très difficile, car les objets produits, même s'ils deviennent oeuvres, sont malgré tout produit dans un monde humain définit par la croissance et le déclin, donc ils sont toujours potentiellement soumis à la destruction matérielle. Mais, contrairement aux objets d'usage, ils ne sont pas produits pour cela, ils ne sont pas utilisés pour la consommation, et du même coup ils s'inscrivent dans un autre type de durée.

"si forcément l'usage use ces objets, cette fin n'est pas leur destin dans le même sens que la destruction est la fin inhérente de toutes les choses à consommer. Ce que l'usage use, c'est la durabilité." (Ibid)

La différence entre ces objets sont tout simplement qu'ils n'ont pas le même mode d'être : les objets de consommation sont fait pour disparaître, alors que les objets-oeuvres ne sont plus destinés à la consommation seule, mais à autre chose (et nous allons voir quoi). Les objets-oeuvres peuvent complètement être utiles, ou inutiles, car ce n'est pas là ce qui les détermine en tant qu'oeuvre.

Mais d'ailleurs, qu'est-ce qui pousse les humains à fabriquer des objets qui ne seraient pas seulement pour leur consommation ? Pourquoi aurait-on besoin de donner une autre dimension que celle que notre processus vital nous impose ? C'est d'autant plus étonnant que, comme le souligne Hannah Arendt, le travail et l'oeuvre se recoupent dans des domaines importants, et que parfois il est même difficile de savoir si c'est un produit du travail ou une oeuvre à part entière. La seule distinction, peut-être, la plus évidente, serait la destruction. Un outil, un objet de consommation, est vite détruit par son usage, tandis qu'une oeuvre reste intacte, ou presque intacte, même si elle est utilisée dans sa dimension d'oeuvre, la contemplation. Ce qui distingue par exemple une paire de souliers d'une oeuvre de souliers : des chaussures que je mets tous les jours vont finir par craquer, se fissurer, et on va devoir les jeter. Mais si je ne porte pas ces chaussures, que je les mets dans une vitrine pour les contempler (et non pas dans une boîte parce que je les ai oubliées), eh bien les souliers seront une oeuvre qui a un autre usage que celui des chaussures de consommation (produites par le travail). C'est ce que Hannah Arendt appelle la "réification".

La réification

Le procédé de fabrication qui donne à l'homme son identité d'homo faber se fait dans la violence : l'homme arrache au monde des matériaux pour les mettre dans son monde et les transformer en choses de son monde. L'homme est en quelque sorte le destructeur de la nature, qui tire les choses de leur milieu naturel pour les placer dans son propre monde, pour les utiliser, pour les faire devenir autre. Hannah Arendt souligne que "cet élément de violation, de violence est présent en toute fabrication". On est bien loin d'une idéalisation de l'oeuvre comme on pourrait l'avoir dans la philosophie médiévale par exemple, dans laquelle l'homme est comme un Dieu qui crée de belles choses, qui "améliore" la nature. Toute fabrication humaine est violente dans la mesure où l'on extrait des choses de leur propre monde, de leur propre façon d'être, pour les conformer à notre propre monde. Il n'y a rien de neutre, et cette violence est la plus élémentaire expérience de la force humaine : c'est elle qui donne à l'homme ce sentiment de satisfaction, d'accomplissement. Ce ne sont donc pas des sentiments qui sont naturels, qui sont donnés à l'homme par la nature, ils ne peuvent qu'être le produit des mains de l'homme.
Ce sentiment d'accomplissement est inhérent à l'oeuvre, car c'est un sentiment qui s'installe dans une durée, contrairement à la joie fugace d'avoir bien fait son travail (c'est l'opposition que fait Arendt elle-même). Ce sentiment de satisfaction, d'accomplissement vient essentiellement du fait d'avoir réussi à suivre une conduite ou un modèle qui permet de réaliser un objet. C'est le bonheur d'avoir pu penser un produit, et d'avoir pu suivre les démarches nécessaires pour le faire. D'ailleurs, c'est très frustrant d'avoir quelque chose en tête et de ne pas arriver à le reproduire, vous ne trouvez-pas ? Ca peut être pour tout, un maquillage par exemple, ou un bijou, un dessin, un texte... On se sent mal, stupide, enfin vraiment c'est douloureux de ne pas y arriver. Par contre, quand on y arrive, quelle grande satisfaction cela produit ! D'ailleurs on se remémore cette satisfaction, preuve qu'elle est pérenne et non un produit de l'instant, quand par exemple on revoir des photos ou tout simplement dans notre propre mémoire "ah oui c'est vrai que ce jour là, j'ai vraiment fait un truc cool, je suis fière de moi".
D'ailleurs la fabrication de l'oeuvre ne disparaît pas une fois l'objet fini, car elle provient initialement de l'esprit. L'objet finalement, n'est que le résultat de la pensée, et c'est tout l'entièreté du procédé, de la pensée à l'objet, en passant par la remémoration de l'idée, des processus de fabrication, qui sont une oeuvre. Car ce sont ces différents stades qui font d'une oeuvre non pas un objet consommable mais une oeuvre. C'est le grand malheur moderne : avec la taylorisation du travail, les ouvriers se sont retrouvés à ne plus savoir pourquoi ils faisaient leur tâche. On leur imposait un travail précis, sans qu'ils ne sachent vraiment où s'inscrit leur travail, ni pour quoi, ni conformément à eux leur façon de voir la chose en question ni en les impliquant personnellement dans le procédé de fabrication. C'est pourquoi le travail aujourd'hui tend à faire disparaître la notion d'oeuvre, car même dans le cas de l'oeuvre d'art cette division du travail rend les actes abstraits et abscons.

"l'image ou modèle dont la forme guide le processus de fabrication non seulement le précède, mais en outre ne disparaisse pas une fois le produit fini : elle survit, intacte, présente, en quelque sorte, pour se prêter à une poursuite indéfinie." (Hannah Arendt, La condition de l'homme moderne, chapitre IV, "la réification")

Alors, pourquoi cette multiplication est-elle différente de la répétition imposée par le travail ? Eh bien, tout simplement parce qu'elle n'est pas imposée par un cycle biologique. Déjà, c'est une multiplication qui peut être virtuelle, tandis que le travail doit toujours produire du concret (essayer de dire à votre chef-fe que vous produisez virtuellement votre tâche, il-elle sera content-e !). Ensuite, c'est une multiplication de quelque chose fait pour rester dans le monde, qui est destiner à l'éternité ou en tout cas à survivre à ceux qui l'ont fabriqué. En somme, la répétition de l'oeuvre n'est pas une fin dans son procédé de fabrication. C'est la réalisation d'une idée. Et une idée, c'est par définition quelque chose qui sort de la simple temporalité biologique.

La permanence du monde et l'oeuvre d'art

Il est impossible de parler d'oeuvre sans le cas de l'oeuvre d'art, et d'ailleurs en faisant cette distinction Hannah Arendt insiste une fois de plus sur le fait que "l'oeuvre" est à prendre au sens large et qu'il ne faut pas y mettre uniquement ce qui concerne les objets artistiques. L'oeuvre d'art fait problème toutefois, par sa problématique à être vendue. En effet, l'oeuvre d'art par essence est unique, non échangeable, et se place bien au-delà de la sphère monétaire. Pour la vendre, il faut lui fixer un prix arbitraire, même si aujourd'hui il y a des tendances et des bureau de marketing qui tranchent sur ce qui a de la valeur ou non : cela reste des décisions arbitraires. Les artistes eux-mêmes sont bien souvent incapables de fixer un prix, ou d'évaluer la valeur marchande de leurs oeuvres, puisqu'ils ne la situent pas dans la dimension de l'utile (qui est par contre un objet marketing, puisqu'il y a des lois économiques sur les valeurs marchandes des biens consommables), mais dans une dimension artistique, dénuée des principes d'argent.

La caractéristique principale de l'oeuvre d'art ne sera pas pour Hannah Arendt de la situer dans l'utilité : elle laisse immédiatement de côté le débat sur le caractère utile ou inutile de l'oeuvre d'art. Ce qui intéresse Hannah Arendt c'est de connaître l'essence, le mode d'être de l'oeuvre d'art. Encore une fois, elle est influencée par Heidegger, mais ce serait injuste de la situer uniquement dans le sillon de ce philosophe. Hannah Arendt est une philosophe qui veut comprendre le monde, directement, le mieux possible, avec précision et rigueur. Du coup, il arrive souvent que dans ses livres elle laisse de côté assez brutalement des débats qui pourtant font rage en philosophie. Mais justement, ils auraient tort d'être des débats, puisqu'ils nous éloignent de l'essentiel. "La philosophie n'a jamais trouvé de réponse car elle ne sait pas bien poser les problèmes" comme l'écrit Bergson dans Matière et Mémoire (ma citation est de tête donc très certainement un peu vague, mais c'était le sens de sa phrase). Hannah Arendt, elle, le martèle dans chacun de ses livres : elle veut comprendre le monde. Et mieux encore : elle veut le penser. Donc par exemple ici avec l'oeuvre d'art, elle veut comprendre son rôle dans notre monde, ni plus ni moins. Donc Arendt ne s'embarrasse pas de débats qu'elle estime peu importants pour son but final. J'avoue apprécier ce côté là de l'écriture de Hannah Arendt, car même si elle veut aller droit au but ça ne l'empêche pas d'écrire avec poésie, parfois avec humour et de temps en temps avec affection. Bref, du coup, l'oeuvre d'art est-elle utile ou inutile... osef !

D'emblée, Hannah Arendt défini l'oeuvre d'art comme "les objets tangibles les plus intensément du-monde", c'est-à-dire les objets qui sont les plus fortement vivants dans le monde (contrairement à l'homme qui lui doit se créer son monde dans le monde pour vivre), car ils sont pratiquement invulnérables aux effets corrosifs des aléas naturels et du temps, qu'ils ne sont pas soumis à une utilisation qui les use, et qu'ils survivent souvent bien longtemps à la personne qui les a créés.

"Tout se passe comme si la stabilité du-monde se faisait transparente dans la permanence de l'art, de sorte qu'un pressentiment d'immortalité, non pas celle de l'âme ni de la vie, mais d'une chose immortelle accomplie par des mains mortelles, devient tangible et à présent pour resplendir et qu'on le voie, pour chanter et qu'on l'entende, pour parler à qui voudra lire." (Ibid)

L'oeuvre d'art, c'est le résultat de l'acte incroyable de transformer du mortel en de l'immortel, c'est-à-dire de créer quelque chose qui ne sera pas comme nous, soumis à la même corruption. Et c'est ça, précisément, comme une sorte de magie, qui rend l'oeuvre d'art si importante à l'homme : sans elle, il est ramené chaque jour à sa propre contingence, à sa mort et à sa corruption. L'oeuvre d'art, c'est ce qui permet à l'homme de se dire "j'ai été et ce ne fut pas en vain", en somme de laisser quelque chose de soi, un morceau de sa pensée, qui sera toujours vivant car il sera vu, découvert, apprécié, bref, il sera toujours vivant. Car voilà la dimension essentielle de l'oeuvre d'art : si elle est toujours vivante, si elle est dans une durabilité presque éternelle, c'est parce qu'elle sera toujours en mémoire de personnes vivantes. Cette idée de mémoire vivante est très importante pour Hannah Arendt, qui marque souvent sa vision de l'existence possible au monde. L'oeuvre d'art, c'est la matérialisation d'une pensée, mais encore plus : c'est la garantie de l'éternité de cette pensée qui sera toujours vécue à nouveau par les personnes qui suivront (et là il y a encore la notion de natalité, comme une perpétuelle naissance de la pensée, qui est aussi très chère à Hannah Arendt, mais je n'en parlerais pas car je ne maîtrise pas bien encore cet aspect de sa philosophie).

"Dans le cas des oeuvres d'art, la réification est plus qu'une transformation : c'est une transfiguration, une véritable métamorphose dans laquelle, dirait-on, le cours de la nature qui veut réduire en cendres tout ce qui brûle est soudain renversé, et voilà que de la poussière même peuvent jaillir les flammes." (Ibid)

Avec la reprise du champ lexical religieux ("transfiguration"), il y a vraiment une insistance sur la dimension sacrée de l'oeuvre d'art, dans le sens où elle nous permet de nous transcender de notre monde humain vers un autre monde, immuable, éternel (oui il y a carrément des échos platoniciens !), l'oeuvre d'art, pourtant produit de nos mains, nous donne cette possibilité d'inscrire dans l'éternité ce que nous avons de plus divin en nous, la pensée. Hannah Arendt prend le cas particulier de la poésie, qu'elle considère comme souvenir de l'humanité. En effet, un poème transcende ce qu'il y a de plus banal (les mots), les transforment en les condensant au maximum, pour ensuite les rendre vivants non pas à travers le livre dans lequel ils sont écrits, mais à travers la pensée. Un poème dont on ne se souvient pas est un poème mort, il n'a de raison d'être que pour être remémoré, et si possible, être dit et transmis. "La mémoire se change immédiatement en souvenir", ce qui est d'abord un exercice de mémoire, devient un souvenir car il est vivant : quand on verra quelque chose qui nous rappelle le poème, le poème reviendra à la vie. C'est pour cela que c'est "le souvenir de l'humanité", car il n'y a rien de plus humain que le poème : c'est un produit de la pensée, qui prend une forme matérielle, mais qui ne peut vivre que dans la mémoire, nécessairement humaine (sauf le jour où les chats pourront déclamer des poèmes mais là je doute que ça arrive un jour). Et Hannah Arendt place au-dessus de la philosophie l'oeuvre poétique : pour elle, la philosophie ne transfigure par, elle connaît par la pensée. Certes, c'est aussi un acte de réification et inspire les productions de l'homo faber, mais Arendt compare la capacité à raisonner logiquement à une force de travail. Quand on pense logiquement, on cherche à connaître le monde, alors nous travaillons. Il n'y a pas cette dimension mystique de l'oeuvre d'art.
C'est pour ça aussi qu'elle doute qu'un jour les machines pourront produire des oeuvres d'art ou bien que nous pouvons considérer des machines comme oeuvres d'art : elles seront toujours dans la dimension de la fabrication, du produit, il n'y aura plus cette métamorphose de la pensée en concret puis en durée.

Voilà mes chatons ! J'espère que ça vous a plu :)

Je vous retrouve le 31 pour le dernier article de 2017, en attendant je vous laisse sur cette réflexion, et comme d'habitude j'attends avec impatience vos retours !

bécoooots


Crédit photos : Luc Dujardin

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Lieu : Avressieux, Savoie

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Robe* : +Lili la Tigresse (dispo ici) (je porte une taille 3 !)

Veste* : +Lili la Tigresse (dispo ici)

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Barrette* : +Mlle Botanik (dispo ici)

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Commentaires

  1. Tu me fais réfléchir de bon matin. Ca me rappelle mes cours de terminale ;)
    J'avais regardé ta story sur ce sujet justement je me rappelle qu'elle durait 20 minutes et bien je t'ai écouté jusqu'au bout et j'adore !
    Tu me captive ma belle
    Biz Jeny

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  2. Tu es magnifique ! Je suis fan de ta robe et de ton make-up <3
    Gros bisous!
    http://paulynagore.blogspot.fr/

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  3. Bonjour,

    merci de nous faire partager tes supers articles c'est toujours génial à lire (en plus de permettre de réfléchir ^^).
    J'aime beaucoup tes tenues qui sont très sympa et originales.
    Pareil pour tes maquillages que j'aime beaucoup (le teint plus clair c'est fait exprès ? ).
    Bonne continuation.

    Bien amicalement

    Marine

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  4. toutes ces photos dans la neige me font toujours rêver
    un bonheur de venir ici
    gros bisous ma belle

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