Une apologie du vide




Hello mes chatons,

Chose promise, chose due, après l'article tant réclamé sur ma vie à la campagne (que vous pouvez relire ici), voici une courte réflexion sur les réseaux sociaux. OUI, encore sur les réseaux sociaux.

C'est que, voyez-vous, pour pouvoir toucher plus de monde, mais également ouvrir mon esprit à tout un tas de personnes artistes, créatives, intelligentes et originales (oui ça se trouve sur les réseaux sociaux, il suffit de bien chercher), je suis un peu obligée de passer par les réseaux sociaux. Enfin, surtout par Instagram. Ne nous mentons pas, Facebook est en train de mourir lentement, et c'est dommage même si cela était inévitable vu leur politique dégueulasse sur les petits comptes, voués à la lente déchéance s'ils ne se pliaient pas à la loi de la sponsorisation.

Et puis j'aime bien la possibilité de pouvoir, sur Instagram, visualiser un ensemble de ses photos et pas seulement au compte goutte. Ca me permet aussi de voir quand je me répète, ça me donne envie de faire des photos dans telle ou telle couleur, de faire le point sur mon style et sur les photos. J'ai remarqué par exemple que j'avais une fixation de lever mon coude droit et du coup j'essaie de changer un peu mes poses... ouais enfin ça c'est pas encore gagné hahaha ;) Et aussi, je trouve les échanges beaucoup plus simples et fonctionnels que sur Facebook ou Snapchat, d'ailleurs Snapchat j'ai totalement renoncé à y être car ça bug beaucoup trop c'est insupportable.

Justement, parlons des stories Instagram ! Quand c'est arrivé je me rappelle les interrogations ontologiques fondamentales des blogueuses à ce moment là : les stories de Instagram vont-elles remplacer Snapchat ? Snapchat survivra-t-il à cette terrible concurrence ? Mon Dieu quel suspense insoutenable, quelles interrogations dramatiques ! Cela a mis tout le monde en émoi, et pour cause : Instagram marquait là sa volonté de s'imposer comme LE réseau social suprême.
Car les stories sont comme sur Snapchat, des mini vidéos de 10 secondes qui s'effacent automatiquement après 24h une fois publiées. Il est possible d'y réagir en envoyant à la personne qui se filme des messages, ou bien quand on est une marque/blogueuse, on peut y insérer des liens commerciaux etc.
Ouais. C'est pas simple en fait.

Et c'est ça le truc qui me gêne avec Instagram : ça se veut simple et automatique, alors qu'il n'en est rien. Essayez d'expliquer ce que sont les stories à quelqu'un qui n'est jamais allé sur Instagram : c'est une galère sans nom.

Eh oui. Les réseaux sociaux s'imposent comme "faciles", et même plus, puisqu'ils sont censés être là pour "simplifier" les échanges sociaux humains. Mais en fait, ils introduisent de nouveaux codes, de nouvelles façons de se comporter qui n'ont absolument rien de naturels, de spontanés. On nous formate à subir l'algorithme, à subir les fonctionnalités et à changer notre propre comportement (naturel) pour un comportement qui s'adapte à un programme informatique... qui est tout sauf naturel.

Il faut garder ça à l'esprit : nous avons dans nos mains une machine, une chose, et il faut toujours la remettre en question. Car cette machine n'est pas tombée du ciel (désolée si je vous casse un mythe, mais il faut que vous sachiez la vérité vraie) (musique dramatique), mais elle a été fabriquée par une société, contrôlée par des humains, qui savent très bien où ils veulent en venir : gagner du pognon, en nous donnant l'illusion d'être libres. CQFD. Car à partir du moment où tout le monde va remettre en question ce qu'ils font, adieu pognon, actions en bourses, veau vache cochon ! Le but est donc de nous manipuler, tout en nous donnant l'impression de nous rendre service, et sans brusquer le rapport naturel factice que nous entretenons avec les réseaux sociaux. Vous pensez que j'exagère ? Eh quoi, alors Instagram se dévoue à rendre les liens sociaux plus aisés comme ça, gratos, sans contrepartie ? C'est la Croix Rouge ou quoi ? Non. Rappelez-vous que Facebook a racheté Instagram il y a quelques années. On parle bien de Facebook, le groupe qui utilise nos données personnelles pour les revendre à des publicitaires et se faire UN MAX DE POGNON sur nous, tout en nous donnant l'impression que c'est génial parce qu'ils sont trop gentils de laisser Facebook être gratuit.

Enfin, gratuit... si on transpose ça à Instagram, c'est un réseau social au début créé par des passionnés, oui. Mais une fois racheté par Facebook, croyez-vous que la philanthropie légendaire (non) de Mark Zuckerberg va laisser la gratuité à Instagram ? L'apparition des pubs sur Instagram, toussa toussa ? Oh c'est un hasard, certainement.

L'autre hasard consiste à toujours, pratiquement chaque mois, instaurer une nouveauté technique sur Instagram : le caractère nouveau de la chose stimule le cerveau, qui va alors avoir envie de consommer plus la nouveauté, parce que "ça change, c'est cool, Instagram est de plus en plus complet !". Mais complet de quoi ? De quoi d'autre un réseau social peut-il se compléter ? Puisqu'il s'agit de mettre en lien les individus, une fois que la plateforme est créée, ces individus devraient être leur propre moteur. Eh bien non, et voilà le génie d'Instagram : c'est de nous donner l'illusion que nous ne nous suffisons pas à nous-mêmes, et que nous avons besoin de nouvelles fonctionnalités pour ne pas nous ennuyer sur ce réseau social.

Tout a commencé avec les stories, cette invention diabolique pour concurrencer Snapchat. Et avec elles nous avons eu accès à tout un nouveau pan d'étude du comportement humain. On a pu alors avoir l'impression de plonger au plus près de la vie des personnes qu'on suit, en oubliant avec ce caractère pseudo-spontané que les stories ne sont pas du direct, ni vraiment réels (avec l'utilisation des filtres, rajout d'informations texte, smiley, etc. on repassera pour l'authenticité). Ce fut drôle d'ailleurs de voir que chaque personne avait sa propre façon de gérer ses stories. Il y a les silencieuses (celles qui n'en font pas), celles qui publient 1 fois par mois un truc wtf, celle qui reposte des comptes de blogueuses connues avec 10 000 hashtags pour manifester son envie d'être repérée, celle qui s'invente une vie (ceci comprend les blogueuses novices qui veulent à tout prix faire croire qu'elles sont connues et qui disent "merci" aux marques pour des vêtements... qu'elles ont acheté) (si vous hallucinez en lisant ces lignes, chaque exemple est tiré de véritables expériences et non, pas des cas isolés !!) (perso ça me fait toujours autant halluciner alors que je sais que ça existe), celle qui se filme en train de faire du playback pour montrer à quel point elle est belle, celle qui filme ses beuveries, celle qui se fait chier chez elle et le dit, celle qui fait des stories tellement longues que tu sais même plus de quoi elle parlait au début (ça c'est moi :D hahaha), etc. Enfin vraiment, il y en a pour tous les goûts !

Et ça ne s'est pas arrangé avec la mise en place des Instadirects...

Faut me comprendre, ça me fascine. D'un point de vue strictement sociologique, c'est vraiment passionnant. Avec Instagram on a accès à des données exceptionnelles sur le genre humain et son comportement en société. C'est tellement incroyable qu'on pourrait vraiment créer des catégories d'êtres : celle qui n'a rien à dire mais qui a envie de faire comme les autres, celui qui s'invente une vie qu'il n'a pas, les menteurs qui utilisent des photos pinterest en faisant croire qu'elles sont à eux, mais aussi les militants, les fascistes, les excités du bocal, les introvertis, les asociaux... C'est extraordinaire de voir combien les catégories sociales IRL se reflètent également sur les réseaux sociaux. Enfin, Instagram en l'occurrence. Mais depuis peu, il est possible aussi de filmer des "stories", comme on pouvait le faire sur Snapchat, et qui disparaissent sous 24 heures, et également de faire des "instadirects". Je traduis : on se filme en tant réel, et les personnes qui regardent peuvent envoyer des coeurs et envoyer des messages auxquels on peut répondre en live.

J'avoue, quand cette fonction a été lancée je n'ai vraiment pas compris à quoi ça servait. Il y avait déjà les stories, que pouvait-on avoir de plus à dire en temps réel ? Quel intérêt de se montrer en live ? MAIS QUI A ENVIE DE VOIR MA GUEULE EN TEMPS REEL, HEIN ? QUI ?
D'ailleurs, ça m'agace ce fait de devoir planifier un live. Instagram nous envoie une alerte "machin est en live, dépêchez vous de le regarder avant qu'il se termine", et va continuer à me harceler jusqu'à ce que je regarde ce putain de live. Mais c'est dingue ça, déjà je n'ai pas la télé car je suis contre le fait de devoir prévoir son temps en fonction d'horaires arbitraires dictés par le programme télé, pourquoi est-ce que je devrai modifier mes habitudes et mon comportement pour Instagram ? Ce côté impérieux et presque dictatorial, qui nous somme de devoir s'arranger pour aller sur Instagram, me dérange profondément. Ca crée un rapport addictif malsain à cette plateforme. On me soûle de notifications, mais pour quoi ? Certainement pas pour m'aider à apprendre à penser, pour me rendre réellement heureuse... mais pour me donner l'illusion de combler mon cerveau, avec du vide. Car entre nous, beaucoup de live sont inintéressants. Et en plus, on peut désormais les revoir plus tard. Quel intérêt alors de me soûler avec ça ?

Du coup, il s'est passé plusieurs mois avant que je me décide à regarder un direct... et je peux vous dire que je n'ai pas été déçue du voyage. En fait, tout comme les photos, il y a plusieurs catégories de personnes qui font des directs (on ne dit pas live, apparemment c'est réservé à Facebook) (mais bon Dieu que c'est compliqué ces histoires) : il y a celles qui n'ont pas compris à quoi ça servait et qui filment des trucs qu'elles pourraient mettre en stories (parce que bon, honnêtement, les voir prendre le métro en direct on s'en fout complètement). D'autres utilisent ces directs pour expliquer des tutoriels (ça c'est cool !), comme par exemple un maquillage, un test produit, on un tutoriel coiffure. Certaines font des directs pour se flatter l'ego et qu'on vienne leur dire combien elles sont belles/beaux (oui tout est au féminin car je ne suis que des comptes de femmes et parce que ça fait chier de devoir mettre du masculin qui est déjà omniprésent dans la langue française).

J'ai pu assister à des apologies du vide absolument fascinantes. Par exemple, quelqu'un qui s'est filmé quatre heures d'affilé (ne riez pas, j'ai chronométré) (pour de vrai), pomponnée et avec fond de musique, pour en fait n'avoir rien à dire. En fait, en gros, on la regardait en train d'écouter la musique. De temps en temps, quelqu'un lui disait un truc du genre "tu vas reprendre ta chaîne YouTube ?" et, comme elle n'avait rien d'intéressant à dire, elle s'est employée à dire la même chose de différentes façons pour meubler un maximum et donner l'impression qu'elle avait quelque chose à dire. Et pour cause : comme personne ne lui posait de questions, il fallait bien qu'elle ait l'air de dire quelque chose. Cela me fit de la peine, de la voir se battre avec la propre contingence de la situation. D'un moment complètement inutile, dérisoire et faux, elle voulait absolument en faire un moment important et flatteur pour elle. J'ai trouvé cette quête de sens aussi vaine qu'attachante et fascinante, aussi, par empathie également, je suis restée pratiquement une heure à contempler cette apologie du vide. (j'ai fini par me barrer car j'ai peur que ce vide soit contagieux et je n'ai pas très envie de perdre mes connexions neuronales pour ça ! mon empathie a des limites.)

Parce que soyons honnêtes, la plupart du temps les directs ne servent à rien. C'est juste un moyen de plus de satisfaire les egos des gens, qui attendent de leurs abonnés vénération et admiration, pour avoir le plaisir de se dire que leur existence n'est pas totalement inutile, puisqu'ils sont des exemples pour les autres. Au final, les personnes qui regardent ces directs sont aussi creux et tristes : on a droit aux exactes mêmes remarques que sous les photos, sauf que comme c'est en live, on a l'illusion d'avoir transmis "pour de vrai" notre admiration à la source de notre béatitude.
Mais au fond, est-ce vraiment le cas ? Il me semble plutôt que ce sont encore une fois des commentaires qui partent dans le vide. Quel intérêt, à part la satisfaction égocentrique d'avoir fait quelque chose que l'on croyait utile, que d'écrire "t'es trop belle" alors que la veille nous venions de l'écrire sous une photo de la même personne ?

J'ai l'impression qu'en fait Instagram ne fait qu'accentuer encore plus nos penchants égocentriques et avides de reconnaissance. Nous sommes toutes et tous désespérées à l'idée d'être reconnues, aimées et appréciées par nos pairs. Je suis aussi victime de cela, puisque j'avoue faire des stories surtout quand on m'en demande... j'ai cette satisfaction momentanée de me croire indispensable, et cela ne fait que masquer mon propre vide que je n'ai pas envie d'affronter en face.
Finalement, on en est au même niveau que quand on était enfant et qu'on avait peur d'être laissé de côté pendant la récréation. Nous avons peur de ne pas être aimé, car cela pourrait signifier que nous ne sommes pas dignes de vivre. Ne pas être reconnu par ses semblables, quand on est un animal social, quel triste sort et quel désespoir ! Et finalement, les réseaux sociaux qui semblaient pouvoir enfin gommer ces peurs, ne font que les renforcer. Sauf que maintenant, c'est du like dont nous avons peur. Notre estime de nous-mêmes fluctue en fonction de ces petits coeurs qui sont ajoutés sous nos photos, et du chiffre d'abonnés à côté de notre photo de profil. Mine de rien, ces situations spatiales des likes et abonnés signifient une chose : moi, je vaux tant de reconnaissance, ma vie vaut tant de likes.

Mais comme Instagram veut toujours nous donner l'impression d'inventer des trucs qui nous simplifient la vie, les développeurs ont décidé de nous donner la nouvelle fonctionnalité des sondages. Nous avons désormais la capacité d'inclure un sondage, avec possibilité de deux réponses, nous pouvons contrôler qui répond quoi et avoir accès aux pourcentages (histoire de savoir si on a répondu comme la majorité, vous comprenez c'est très important de savoir si on correspond à la majorité). Dès que j'ai su ces modalités, ça m'a fait peur. Parce que dans la foulée, tout le monde a eu l'air de trouver ça génial, et mon fil de stories est devenu envahi de sondages, à l'image de 90% des gens, des sondages insipides, vains et ridicules (franchement on s'en fout de savoir quelle robe la gonzesse elle va choisir, la verte ou la rouge, punaise mais si tu te la pètes blogueuse mode et que tu sais même pas quelle robe choisir ferme ton blog, ferme ta gueule, et achète toi une vie...) (désolée je suis violente mais j'en ai vraiment marre de ce genre de sondage quoi). Déjà, ce qui me fait flipper, c'est le fait que nous sommes "fliquées" : toutes les données sont enregistrées par Instagram. Que vous ayez répondu "verte" ou "rouge" pour la robe de l'indécise, c'est stocké dans les bas fonds d'Instagram. Mais où ? Mystère. Et que vont-ils faire avec ces données ? Attendez, que je réfléchisse... les revendre à des agences publicitaires qui vont venir ensuite nous bombarder de pubs ciblées ? Certainement.

Ensuite, ce qui m'agace au plus haut point, c'est de nous faire croire que notre opinion a de l'importance. C'est nous donner l'illusion d'avoir du pouvoir. Mais un pouvoir en carton, de pacotille, car après tout il n'est jamais question de choses vraiment vitales sur Instagram. ça reste toujours extrêmement consensuel, pour ne pas dire superficiel. Vraiment, est-ce que dire si oui ou non la robe verte est mieux que la robe rouge va avoir un impact sur la vie de la personne concernée ? C'est ce que veut nous faire croire Instagram. Et c'est un jeu dangereux, car même si on se dit "oh après tout je m'en fous de l'avis des gens", qu'en sera-t-il si à force de faire des sondages vous vous retrouvez, inconsciemment, en train de modifier votre comportement pour être certaine de remporter les suffrages ? Et pour les personnes qui répondent systématiquement aux sondages, même les plus idiots, pensez-vous vraiment que votre avis est intéressant ? Faut-il avoir un avis sur tout ? J'ai l'impression que ça nous fait nous remplir notre cerveau pour de la vacuité. Nous sollicitons notre cerveau pour des choses insignifiantes, et tellement qu'au final nous n'arrivons même plus à distinguer ce qui vaut la peine d'être considéré de ce qui est à reléguer directement dans le vide absolu.

Car voilà le problème d'Instagram : l'annihilation de toutes frontières. Il est difficile de juger ce qui est consistant de ce qui est fade, du mensonge du vrai. Je le vois à ma petite échelle de petite blogueuse : combien de blogueuses rencontrent du succès sur des mensonges ? Mais parce que personne n'arrive plus à distinguer l'honnête du mensonge. Sous couvert de nous donner de la liberté et du pouvoir, Instagram nous prive de l'essentiel : apprendre à penser par nous-mêmes.

Mon message vous paraîtra amer, parce qu'il l'est un peu au fond. Je suis attristée de voir que même sur les réseaux sociaux, qui nous ont pourtant donné l'illusion d'une liberté de créer le contenu que nous désirons, nous finissons malgré tout par essayer désespérément d'être confondu dans la masse, de faire partie d'un mouvement, de voir son ego flatté par des compliments souvent hypocrites. Je suis triste pour cette fille qui est restée si longtemps devant son téléphone, désespérée d'être admirée, pensant être si importante pour qu'on ait envie de simplement la contempler pendant des heures, et se persuadant elle-même de la nécessité de son existence, par peur de devoir regarder en face sa propre contingence.

J'ai peur d'être comme ça aussi, car je le sens parfois dans mon coeur, ce pincement quand une photo est moins likée que les autres, quand je vois des abonnés disparaître, et quand ensuite je me sens transportée de joie quand quelqu'un vient s'abonner. Mais pourquoi ces émotions si extrêmes ? Parce que c'est mon ego qui agit à ce moment là, un ego en quête de bonheur dans un monde qui ne lui laisse que le désespoir à espérer. Un monde qui préfère se détourner du vrai pour admirer le reflet des choses, par peur de devoir s'affronter lui-même. Je suis triste d'avoir ce genre d'émotions dans mon coeur, car alors les autres ne sont plus une fin mais un moyen. Ils se retrouvent dépossédés de toute identité et ne deviennent plus que des instruments pour satisfaire mon propre égo.

Tout cela me rend triste, et je me raccroche alors à ce qu'il y a de bon : nous avons en chacune de nous la possibilité de se battre contre ce vide qui grandit de plus en plus. Il n'est pas impossible de ne pas se laisser vaincre par les diktats de la masse. Il faut apprendre à reconnaître les gens faux des gens vrais (et cet article pourra, je l'espère, vous y aider), et se dire, en nous-mêmes, que nous ne sommes pas comme cela. Voilà, il faut garder l'esprit critique, et surtout bien se dire que ce que l'on montre nous le choisissons, aussi il faut toujours prendre avec des pincettes tout ce que l'on peut voir et lire sur internet !

J'ai tout de même envie, besoin de finir sur une note positive. Si ces nouvelles fonctionnalités m'ont beaucoup déçue, j'ai eu le plaisir ces dernières semaines d'assister à l'émergence de personnes intelligentes, qui utilisent ces fonctionnalités pour rire de cette contingence, réunir et faire réfléchir. Ainsi, mon amie Audrey (@bigornot sur Instagram) fait des Instadirects hilarants, pendant lesquels on est mortes de rire, elle est spontanée, drôle, gentille, intelligente, on peut parler de tout, voire lancer de gros débats qui finissent en général par des rires (car rien ne vaut le coup de se taper dessus, n'est ce pas !). Je ne manque aucun de ses lives parce que je sais que je vais vraiment échanger avec les gens. Audrey ne monopolise pas l'espace de discussion, elle n'incite pas la conversation à ne tourner qu'autour d'elle, mais elle parle de ses expériences, encourage le débat, bref, elle échange du vrai. N'est-ce pas là l'antithèse du vide ?
Idem pour @Lenascameo, que j'aime beaucoup, une blogueuse engagée dans la consommation éthique vintage, qui fait toujours des sondages à mourir de rire, toujours univoques et au second degré (du genre : "vous me trouvez belle comme ça ?" réponses possibles "t'es grave bonne" "tu es la plus belle du monde"), et qui elle a une vraie éthique de vie sans s'en vanter et avec beaucoup de tolérance.
Autant de personnes qui me redonnent foi en l'humanité. Et surtout qui me rappellent une chose : les réseaux sociaux, en dépit de ce qu'ils veulent faire de nous, n'ont que le pouvoir qu'on veut bien leur accorder. Il s'agit de ne jamais perdre le contrôle, et de toujours réfléchir à ce que nous faisons. Oui, même dans nos loisirs. C'est arrêter de penser qui est dangereux.

J'espère que ce (très) long article vous aura plu, je te remercie, toi qui lis ces lignes, d'avoir tout lu :)

Vous aussi, vous avez cette impression d'apologie du vide mes chatons ?
Dites-moi tout ! J'adore lire vos commentaires :)

Bécots <3


P.S : et bien sûr, ce qui m'a redonné la foi en Instagram ces dernières semaines, sont tous les échanges que j'ai avec vous au quotidien ! je suis si contente de pouvoir parler avec des personnes qui réfléchissent, qui argumentent et qui échangent du vrai avec moi :) comme quoi tout n'est pas à jeter dans Instagram, on peut toutes ensemble faire changer ce vide effrayant !


Crédit photo : Deerily (Instagram)

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Lieu : Saint Michel, Paris

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Manteau* : +Lili la Tigresse (dispo ici)

Top* : +Lili la Tigresse

Pantalon* : +Lili la Tigresse

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J'insiste car c'est une marque que j'adore, qui gagne à être connue. Les tailles vont du 38 au 56, c'est du 100% made in France, entreprise familiale, les vêtements sont d'une qualité extra, les coupes sont flatteuses et bien pensées (presque toutes les robes ont des poches !). Si vous avez envie d'une jolie tenue de fête allez vraiment jeter un coup d'oeil à cet eshop. 

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Commentaires

  1. Je l'attendais tellement ton article... et il est parfait. On a déjà pu en discuter à plusieurs reprises et je suis entièrement d'accord avec toi. En lisant tes lignes, je me suis rendue compte que moi aussi je me suis de plus en plus attachée aux likes ces derniers temps. Et pourquoi? Juste pour flatter mon ego de petits coeurs vides de sens... utilisons instagram a bon escient et vive autodérision et le partage! Bisous

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    1. Tu as tout dit ma belle ! heureusement qu'il y a des blogueuses comme toi qui sont sincères et honnêtes, c'est ce qui me donne foi en l'humanité chaque jour. Des bisous !

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  2. Bonjour Matoushi.
    Et merci pour cet article.
    Tes points de vue sur les réseaux sociaux sont toujours aussi intéressant à lire, mais peut-être parce qu'il correspond aux miens, aussi je ne peux que le partager. (Même si j'aime également lire des avis contraires aux miens, quand c'est bien écrit et bien argumenté ça fait réfléchir, c'est bien aussi).
    L’apologie du vide, oui c'est exactement ce qu'on peut ressentir bien des fois via internet. Le creux, le vide intérieur qu'on peut tous ressentir par moment, et qu'il faudrait que l'on cultive mais pour le remplir et le combler dans le bon sens, en grandissant, en murissant, sur internet se creuse comme un fossé sans fond, une abysse qui peut tous nous engloutir dans un moment d'égarement. Il est facile de céder aux chants des sirènes, et à l'envie de montrer une image certes fausse mais glorieuse de soi-même. Qui n'a jamais été tentée un jour de déprime de se faire mousser, de se faire rassurer.
    J'ai moi même une amie qui il y a de longues années avait un petit soucis d'égo et qui avait déjà besoin qu'on l'admire en permanence. Elle est devenue maintenant blogueuse, et ça lui permet de combler le vide de sa vie et son besoin primal de se sentir sur un pied d'estale. Ce qui est bien triste parce que ça démarche est mauvaise, elle reste dans une souffrance et n'en sort pas, et sa vie virtuelle est à 1000 lieux de la vérité. Et c'est dur de devoir la ramasser à la petite cuillère hors internet et de la voir si esseulé et si souffrante. Il y a comme une dichotomie et un dédoublement total de sa personne et de sa personnalité. Moi je connais la "vraie" et quand je vois son double sur internet j'en ai des frissons. Au moins avec elle j'ai tout de suite su ce que pouvait être l'envers du décor.
    Attention par contre, je parle de cette fille là en particulier, je ne généralise pas, je souhaite à toutes et à tous d'avoir une vie riche et épanouissante, avec internet ou non, et je n'ai aucun soucis avec le métier ou l'activité de blogueur, loin de là merci à toutes les personnes qui partagent leurs passions qualitativement avec nous.
    Les réseaux sociaux j'ai toujours eu du mal, trop faux, trop moi-je, trop exhibo, trop voyeuriste. Je me suis mis très tard sur facebook, et encore parce que ça me permettait de garder le contact facilement malgré l'éloignement géographique. Mais tant de choses me tapent sur les nerfs avec. On a l'illusion de communiquer, mais on s'appelle moins, se voit moins, on laisse parfois presque se faner nos relations que l'on a pourtant tant aimé.
    Instagram c'est le miroir aux alouettes. je suis dessus car je suis passionnée de photos, et j'ai besoin de remplir mes yeux et mon cerveau d'une dose de beau régulièrement aussi j'aime rêver devant des paysages, des compositions... mais je ne suis pas dupe quand à son contenu, avec internet on peut truquer, rêver, mentir, piéger, faire baver, manipuler... Mais j'avoue quand je vois que je poste une photo et qu'un plus grand nombre à aimer, ça me fait chaud au coeur... il me reste du travail et du chemin sur moi-même à parcourir...
    Pour finir je dirais que la nouveauté du live me tape particulièrement sur les nerfs, je n'aime pas non plus avoir cette impression de recevoir une sommation.
    J'arrête là mon pavé, parce que sinon ça pourrait durer, durer, durer...

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    1. Mille merci pour cette longue et constructive réponse ! Ton expérience avec ton amie me fait frissonner de tristesse, car c'est un des dégâts que font les réseaux sociaux et dont on ne parle pas assez. En fait, tout cela n'a rien de nouveau : vouloir être admirée, vouloir donner envie, refuser de faire face à sa contingence, etc. La différence est qu'aujourd'hui on a encore plus de moyens à notre portée pour nous fourrer la tête dans le sable et prétendre que tout va pour le mieux. Je pense que ce problème est dû aussi au fait que nous n'apprenons pas assez à vivre avec les réseaux sociaux, il n'y a pas de cours ni de mises en garde à l'école. On fourre dans les mains des enfants des tablettes, on les met en relation avec le virtuel comme si c'était normal et une partie de l'humain. Or il n'en est rien. La preuve : ton amie est un exemple de cette utilisation nocive et déséquilibrée du virtuel, et une victime. Toujours est-il que comme toi, j'utilise les réseaux sociaux en faisant attention, donc bien entendu ils ne sont pas mauvais tant qu'on réfléchit et qu'on prend du recul avec leur utilisation. Mais c'est à double tranchant, et tu le dis si bien : d'un partage sans désir de grande interaction, on ne peut s'empêcher de sentir un pincement joyeux au coeur quand on a plus de like. C'est parce que notre cerveau fonctionne avec un système de récompense : quand il se sent récompensé il va vouloir reproduire les circonstances de ce bienêtre, et si ça ne marche pas aussi bien il va éprouver de la frustration. C'est EXACTEMENT le même procédé que pour l'alcool et autres drogues. Mais nous pouvons nous contrôler, nous éduquer, et faire attention à ne pas nous laisser submerger. Malheureusement les plus faibles ne sont pas soutenus et on les laisse sombrer... Paradoxal pour un réseau social.
      Enfin bref je te remercie encore pour ton commentaire passionnant et si bien écrit, ça me fait très plaisir de voir que par exemple là tout de suite, nous utilisons le virtuel pour échanger réellement, réfléchir ensemble pour améliorer la vie sociale. Des bisous à toi et à très vite ! :)

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    2. Merci pour cette réponse qui complète encore un peu plus ton article. Tu as tout à fait raison, malgré je fonctionne au stimuli de la récompense... et c'est nul! Mais quand on le sait et qu'on en a conscience on peut tout de même se pencher dessus et y bosser. (Et oui c'est tout pareil que l'alcool et la drogue, addictions... qu'en penserait nos stoïciens? )
      Et tu as 1000 fois raisons, il manque quelque chose de l'ordre de l'éducatif pour cette question du virtuel... pour les plus jeunes mais pas que...
      Bonne journée à vous, je vais savourer de mon coté votre nouvel article.

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  3. Hello Feriel ! Quel plaisir de lire cet article plein de bon sens. Ce sont des questions que je me suis posé aussi. Dois-je arrêter instagram? Dois-je boycotter les stories ? Mais je dois reconnaitre que j'ai découvert de très belles personnes grâce à ce réseau social et notamment je t'ai adorée en Stories (je ne te connaissais que via ton blog avant). Je suis aussi les licornes avec qui tu collabores et qui mettent de la couleur et de la confiance en soi dans mon fil.
    Comme toi, j'ai tendance à détester les profils où tout est uniforme et où on ne voit que des publicités. Ce n'est pas dans ce but qu'instagram a été créé bon sang ! Et des fois cela me met en colère, mais je ne devrais pas car c'est complètement débile et inutile de penser ça !
    En plus, instagram a tendance à nous faire nous comparer les unes aux autres, c'est trop dommage ! Maintenant j'essaie de plus en plus d'éviter cet écueil en me disant que certaines photos sont idéales mais ne reflètent pas nécessairement la réalité !
    En bref ! Merci pour cette réflexion :D
    Mille baisers,
    Jade

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  4. toujours aussi fan de tes photos
    et fan de tes textes, tu n'as pas peur de dire les choses
    gros gros bisous

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