Un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables.


Hello mes chatons,

Il me reste tellement de photos automnales à partager avec vous, j'espère que vous êtes prêtes :D j'avoue avoir vraiment savouré l'automne en Savoie, encore plus que d'habitude, et j'ai adoré voir les paysages changer chaque jour de couleurs. Les vignes par exemple, venaient inonder de leurs couleurs chaudes les versants des montagnes, telle une symphonie chromatique. Quel bonheur que de voir le soleil se coucher poser ses rayons dorés sur les feuilles rouges et or des vignobles... En plus il faisait si bon, si doux, comparé au -4 degrés qu'on a depuis (ça pique) (mais j'aime le froid donc ça va hehe).

Ces moments de joie paisible m'aident à me défaire pratiquement totalement de cette tendance matérialiste que j'avais lorsque je vivais en ville. Il y a quelques semaines je me disais que j'attendais impatiemment le "black friday", cette période de promotions qui arrive demain sur Internet, bien que beaucoup de marques aient déjà commencé à faire leurs réductions, car je voulais "profiter" de quelques pourcentages pour me faire plaisir chez des marques que j'aime.

Mais à quoi bon ? Maintenant que nous y sommes, je ne vois plus l'intérêt d'aller me précipiter dans ces magasins, ou sur Internet, juste pour avoir l'impression de faire une bonne affaire. Déjà, parce que je n'ai besoin de rien. J'ai tout ce qu'il faut, et si quand bien même il me faudrait peut être un ou deux pulls ou renouveler mes collants, je préfère attendre la fin des soldes d'hiver quand les prix sont vraiment intéressants. Eh quoi, s'il n'y a plus mes modèles préférés ? Je m'en passerai. Avec le blog j'ai accumulé beaucoup de choses, tellement que je me suis rendue compte qu'il y a des vêtements que je n'ai toujours pas pris en photo. A ce niveau là, j'estime devoir vraiment prendre du recul sur ces choses matérielles, et apprendre à me contenter de ce que j'ai. C'est qu'il y a un peu la pression quand on est blogueuse, d'avoir de la nouveauté. On me demande où j'ai trouvé telle et telle chose, et si c'est de l'ancienne collection les gens sont déçus. Si c'est du vintage c'est "injuste" parce que la personne qui la veut aussi ne pourra pas la trouver... Mais il est vrai que depuis cet été, j'ai décidé de ne plus me laisser piéger par ce système. Quand j'achète, c'est pour moi, pas pour faire envie aux autres. Mon blog n'est pas un catalogue de mode, mais une introspection, une révélation de moi-même, une inspiration. Je ne veux pas susciter le désir ou la jalousie dans vos coeurs. Malheureusement je sais que j'ai eu des personnes très jalouses de mon blog, alors que je n'ai jamais voulu ça. Je veux surtout un échange bienveillant entre nous, et après des années de blog je me rends compte que d'une certaine façon, j'y suis arrivée. Je suis si heureuse quand je vois tous mes messages ici ou sur Instagram que je reçois au quotidien, des amorces de réflexion, et vous êtes tant à me dire "ouf, toi tu ne parles pas de ce que tu consommes ça fait du bien". Une remarque aussi terriblement amère qui révèle combien les blogs sont tombés dans un consumérisme à outrance...

Cette période de l'année en est aussi un bon exemple : le "black friday" ou "vendredi fou", qui arrive après Thanksgiving aux US (bon Dieu que je déteste cette fête tellement hypocrite qui célèbre le banquet offert par les colons européens aux natifs américains... qu'ils se sont empressés d'exterminer pendant des dizaines d'années juste après). Pendant cette période, et vous avez sans doute déjà pu voir votre boîte à email inondée de promotions, les magasins vendent "à perte" ou bien font de grosses réductions pour vider leurs stocks. Mais enfin... vraiment ? Parce que je n'ai vu pratiquement que des 20% ou 30% flotter de-ci de-là, même chez les grosses boîtes, qui font apparaître ça comme une chance inouïe à ne surtout pas laisser passer. Consommer, consommer... tout en pensant être malin et faire des affaires. Mais bon, quand on sait que quand Zara vend un manteau en fausse fourrure 150 balles et qu'en fait à la production ça lui revient à 5€... et que sur ces 5€ la personne qui a fait le manteau touche 20cts par heure. La bonne affaire, c'est quand même toujours Zara qui la fait. Et malgré cela, il y a toujours des hordes de gens qui s'empressent à aller dépenser leur argent dans cette machinerie inhumaine. Et puis, je consomme donc je suis ?

Est-ce la quantité de mes biens matériels, mon pouvoir d'achat qui me définit ? Je me rappelle quelqu'un qui m'avait dit "en fait je ne supporte pas de ne pas pouvoir acheter. Je déteste être frustrée." Cette personne ne se posait pas la question de "pourquoi je me sens frustrée quand je ne peux pas posséder." Elle partait du principe que posséder, consommer, c'est ce qui définit la grandeur de son identité. Quelle tristesse ! Car tout l'argent du monde ne peut acheter l'essentiel, la quiétude de l'âme, le bonheur. Oui, c'est peut être un peu simple ce que je vous dis là, mais quand on résume son bonheur à un nouveau vêtement, alors on sera éternellement malheureux. D'ailleurs cette personne me donnait l'impression d'être quelqu'un de très seul et de très triste. Alors oui, elle avait des tonnes de chaussures, un bel appartement, des sacs de luxe. Mais au fond d'elle, il y a un vide immense. Qui s'agrandit à chaque nouvel achat. Parce qu'elle se fuit elle-même.

A la campagne c'est simple : personne ne nous regarde à part les vaches. Alors c'est sûr qu'on se dit que finalement, le vingtième sac vernis qu'on voulait pour Noël n'a pas vraiment de sens... tout comme se ruer sur les eshop le jour du Black Friday est absurde.

Pour ma part, je consomme beaucoup moins ces dernières semaines, ce qui fait que j'ai finalement épurer mon énorme liste d'envies à pratiquement rien. Mais du coup, quand j'ai enfin le truc que je voulais vraiment, après avoir enlevé des tas d'autres trucs sur ma liste, ça rend cette chose encore plus belle. Parce que j'ai attendu, parce que j'ai compris que c'était "juste" ça qui me ferait plaisir. Ca presque mis une dimension sacrée à cet objet : j'avais encore plus envie de le contempler, d'en prendre soin... et de l'utiliser. Un objet qu'on oublie dans un coin, il n'y a rien de plus triste. Ces promotions nous harcèlent pour nous donner envie de choses qui au fond, ne nous disent rien. C'est nous convaincre que notre vie sera ratée si nous ne succombons pas à l'appel de la consommation. Alors qu'en fait c'est le contraire : c'est en freinant la consommation, en pensant notre achat, et en lui donnant une dimension supérieur à la simple convoitise et à l'assouvissement d'un désir, que cet achat aura de la valeur. Ce qui est rare... est cher.

Ensuite, ce qui m'attriste le jour de ces promotions, c'est que les petites entreprises ne peuvent pas entrer en compétition avec les grandes enseignes. Les créatrices et créateurs qui font tout eux-mêmes et qui ont déjà du mal à s'en sortir au quotidien, ne peuvent pas brader leur travail. Parce que ce qu'ils font avec leurs mains, avec leur savoir-faire, ne peut pas être brader. Evidemment, Zara peut faire des 50% de réduction, ça ne leur coûte presque rien en production ! C'est facile de baisser les prix quand on piétine le respect des travailleurs, qu'on exploite les plus pauvres, et qu'on a aucun scrupule à trouver des techniques financières pour ne pas payer d'impôts. Mais les créatrices, qui font tout toute seule, la production, la vente, le marketing, le SAV... Vous croyez qu'elles peuvent se permettre de brader leur travail ? C'est leur vie qu'elles mettent en jeu. Bien sûr, je ne jette pas la pierre à celles qui n'ont vraiment pas d'argent et sont obligées d'aller chez des marques discount pour s'habiller. Mais réfléchissez aussi. N'est-ce pas aller à la facilité ? Il y a plein de marques pas chères mais qui ne sont pas des énormes monstres industriels qui accaparent le marché. Il y a l'alternative du vintage, et aussi l'alternative du "je vais m'en passer. Quand j'aurai besoin d'un beau truc, j'irai chez une petite entreprise."
Par exemple, sur les photos je porte une barrette fleurie de chez Mlle Botanik, la marque qu'a créé Ninah, mon amie blogueuse qui fait aussi partie du Cercle des Licornes Disparues. En plus niveau prix elle fait des tarifs totalement corrects pour du fait main à 100%, donc si vous avez envie d'un joli accessoire ou une parure de cheveux je vous invite 1000 fois à aller voir ce qu'elle fait sur sa boutique etsy (lien). Il me semble qu'elle va mettre bientôt en ligne plein de nouveautés superbes, d'ailleurs vous pouvez en avoir un aperçu ici sur sa page Instagram. Je suis littéralement inséparable de cette barrette fleur, qui est parfaite pour parer mes cheveux quand j'ai la flemme de faire quelque chose de compliqué ou que je ne veux pas mettre de chapeau. En plus niveau qualité c'est impeccable elle tient hyper bien, et pourtant je ne suis pas quelqu'un qui fait super attention à mes affaires (comprendre : je suis une brute qui casse tout ce qu'elle a parce qu'elle ne fait pas attention -_- ).

Bref, vu que Noël arrive dans 5 semaines (eeeeek !!!), il est vraiment le moment de faire le point sur sa consommation. D'ailleurs en parlant de Noël... chaque année je fais avec mon copain une fête de plus en plus simple... Bien souvent ça finit avec juste un bon vin et un bon fromage avec du pain frais, et nous avons remarqué que ça nous allait amplement ! On rajoute des bougies, des guirlandes de lumière, un peu de musique, et la magie est là. Quel besoin que de faire des banquets gargantuesques ? (surtout qu'on n'est que deux alors vraiment... pas besoin de faire trop). Nous prenons d'excellents chocolats, faits avec amour chez Fabrice Gillotte, c'est notre petite folie. Et puis voilà. Idem pour les cadeaux, cette année on s'est regardés et on s'est rendus compte que finalement, c'était pas si important. On va sûrement s'offrir un petit quelque chose mais grands dieux, plus de folie, plus de consommation, plus de liste... A quoi bon ? Apprendre à aimer un peu plus chaque jour, apprendre à faire plaisir avec un geste simple, il n'y a finalement rien de plus beau.

C'est fou, c'est quand nous avons moins que nous sommes le plus heureux.

Bécots mes chatons.

P.S : Devinez d'où vient le titre de cet article ? Indice : un poète maudit qui parlait couramment latin...


Crédit photos : Luc Dujardin (l'Amoureux)

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Lieu : Jongieux (Aimavigne), Savoie

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Chemisier* : +Lili la Tigresse
(profitez de 15% de réduction à partir de 60€ d'achats avec le code MATOUSHI15 jusqu'au 15 décembre !)

Jupe : Voodoo Vixeln

Chaussures : +Chie Mihara

Barrette fleur* : +Mlle Botanik 

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Tous les articles précédés de + sont des articles produits avec certitude de façon équitable (respect de la main d'oeuvre et de son savoir faire ou respect de l'environnement ou les deux à la fois). 

Tous les articles suivis d'une * ont été offerts par la marque en question.

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Commentaires

  1. Aaaah ces couleurs d'automne sont magnifiques ! C'est comme une incandescence, un dernier feu d'artifice que nous offre la nature avant l'entrée dans l'hiver ! Et de la lumière... Je commence à manquer, j'ai l'impression d'être toujours dans la nuit.
    Pour ta réflexion sur l'accumulation des choses, on en a déjà parlé, et oui on n'a pas forcément besoin de toutes ces choses, comme disait Alain Souchon dans "foule sentimentale" : "Aïe, on nous fait croire Que le bonheur c'est d'avoir De l'avoir plein nos armoires".. moi pareil j'achète en friperie quand j'ai vraiment besoin de quelque chose et des basiques en grands magasins quand mon pantalon ou mes chaussettes sont trop usées. Mais la pression sociale est parfois plus forte dans les grandes villes et pleine d'artifices...
    Et enfin, en tant que créatrice de bijoux, je suis contente de lire ce que tu écris, j'ai fais du 10% dans ma boutique mais je ne peux guère aller plus loin.... Maintenant il y a des soldes à tout bout de champ, les gens n'attendent que ça pour acheter, même pour les cadeaux de Noël... Ordinairement les périodes de soldes sont celles où je vends le moins, mais là j'ai un peu peur avec tous ces black friday, cyber week et boxing day... ça induit en erreur les gens sur le coût réel des choses et ce qu'implique la production de masse à pas cher. Maintenant on voit même des gens nous écrire en privé pour quémander des réductions dans nos boutiques en ligne à n'importe quel moment de l'année, nous dire qu'on est trop cher et qu'on devrait faire tel prix (comme on me demande des bijoux plaqué or à 20 €.... mais il y a des créateurs qui acceptent ça) ou encore des plateforme de vente qui se lancent et c'est le client qui fixe le prix...

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  2. :O J'ai légèrement eu peur à l'annonce de ton article sur insta' story (presque peur de se faire engueuler parce-que j'ai acheté un sac à dos ^^')
    Oui je comprends ce sentiment de vouloir absolument acheter quelque chose même si j'en aie pas vraiment besoin ça m'a rongé pendant des années et là miraculeusement ça va (un peu) mieux par je ne sais quel miracle.
    Du coup maintenant ce que je fais c'est que une liste de choses dont j'ai besoin que j'achète pendant les soldes genre là avec le sac à dos (car là il est troué de partout j'ai même agrandis le trou hier en tirant dessus)

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  3. Hellooooo.

    Ha tout cet or préraphaélite qui coule sur le paysage créant un tableau unique et toujours changeant. Que de beauté.

    La consommation, l'accumulation, combler son vide.... avec toujours plus d'objets.
    Moi qui suis incapable de me séparer de quoique ce soit, j'ai pourtant réussit cet été à donner quatre grands sacs ikéa remplis de vêtements superbes et dans un état parfait à une association. J'apprends à me débarrasser tout en faisant des heureuses qui n'auraient jamais eu les moyens d'avoir ces vêtements là.

    Pour ce qui est des jeunes créateurs (et des plus vieux :p)... les gens sont tellement formatés, menés comme des moutons qu'ils ne prennent pas la peine de réfléchir. C'est pourtant évident non?
    Idem pour les tatoueurs, les gens veulent des prix toujours plus petits, mais comme pour le créateur on paie le temps de travail sur le concept, les essais, le temps de fabrications, les matériaux...
    People, sortez-vous la tête du c*** et apprenez à réfléchir...
    Et puis un objet fait main et avec amour on a tout de même envie de le garder et de le chérir plus longtemps non?

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  4. Hiiiii on avait parlé de ça y'a pas longtemps via instagram !
    En fait j'étais comme cette fille dont tu parles qui souffre quand elle n'achète pas, avant, quand je suis partie de chez mes parents et qu'ils n'étaient pas là pour me faire remarquer que je dépensais mon argent en idioties ^^ Je me suis complètement lâchée et je privilégiais les fripes à la bouffe (oui, on en était là). Et pourtant j'achetais en grande partie chez Emmaüs. Je te laisse calculer les sommes insensées et la TONNE de vêtements que j'ai brassé pendant deux/trois ans.
    Puis j'ai prix quinze kilos en un an et j'ai déménagé cet été. Donc grand tri, et au final moins (BEAUCOUP moins) de fringues ET moins d'argent à dépenser dedans. Depuis , du fait que je n'ai plus les moyens de succomber aux sirènes de la consommation, j'ai l'impression d'avoir atteint une certaine sérénité par rapport à ça. C'est toujours bien de se faire plaisir (en friperies, en bouquinistes...) mais je ne dépends plus de mes achats ou de mes possessions. J'ai bien conscience que je suis à des années lumières du minimalisme mais j'ai beaucoup évolué. J'arrive maintenant à faire ma différence entre ce que je veux sur l'instant et ce qui me ferait vraiment plaisir, qui vaut la peine de patienter et d'économiser. J'ai l'impression d'être un peu le Bouddha des sites de revente.

    Et en ce qui concerne Zara je les boycotte depuis des années parce qu'ils volent régulièrement le travail d'artistes indépendants pour leurs collections. Des dessins, des motifs... d'artistes peu connus qui n'ont pas les moyens de se défendre devant le monstre tentaculaire qu'est Zara. En plus des horreurs qu'ils font subir à leurs petites mains, des gens qu'ils exploitent et des allergies dantesques que certaines personnes ont contracté après avoir porté certains de leurs vêtements. Ils volent les dessins, et quand les artistes les contactent ils ne répondent juste pas. Silence radio. Et RIEN ne bouge, parce que les avocats du groupe, au besoin, auront les moyens de faire taire n'importe qui. C'est dégoûtant.

    Bref c'était un gros pavé, je finis en applaudissant des deux mains pour ces merveilleuses photos qui me donnent envie encore une fois d'aller m'enterrer au fin fond du Larzac <3

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  5. ah ben voilà, tu as su dire tout ce que je pensais, plus ou moins, je n'avais pas encore lu ton texte avant qu'on discute via instastori. J'aurai pu être tenté aussi par toutes ces réducs, mais finalement je n'en ai pas besoin et en plus je n'ai pas les moyens de dépenser à tort et à travers.
    On peut avoir envie d'être à la mode, de suivre telle ou telle tendance (oui j'ai craqué sur les licornes mais un pyjama et c'est tout), on peut aussi avoir envie d'un beau truc, on l'aura rêvé, chercher, économiser, etc... Il n'aura que plus de valeur.
    Enfin bref, tout ça pour dire que je te rejoins à 100%.

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