Par nature, la raison qui te gouverne se suffit à elle-même


Hello mes chatons,

Nous revoilà en piste sur les traces de nos chers stoïciens ! La dernière fois (avant notre pause halloweenesque), je vous expliquais que le seul chemin possible vers le bonheur était de se mettre à faire de la philosophie, à la pratiquer au quotidien, afin de nous libérer de nos mauvais jugements et d'apprendre à vivre vraiment.

Et ce chemin, où mène-t-il ? Pourquoi est-il si important ?

Parce que la philosophie nous apprend à vivre conformément à notre nature.

Alors là, je vous stoppe tout de suite, parce que je vous vois venir : mais quelle nature parlent-ils donc ?

A vrai dire ça n'est pas si compliqué, la nature fait référence simplement à ce qui fait que nous sommes des hommes et non des écureuils, des boeufs... En gros, c'est répondre à la question "qu'est-ce qui fait que je suis un humain et pas autre chose ?". C'est répondre à la question de l'essence, si j'utilise le langage plus moderne. Bon ok, c'est pas forcément une réponse si simple que ça, puisque trouver son essence est relativement compliqué... Ou pas. Pour les stoïciens, trouver son essence est simple, si nous n'y arrivons pas c'est tout bonnement parce que nous sommes aveuglés par trop de choses inessentielles et un mauvais jugement mal fait qui nous empêche d'accéder à l'essentiel. C'est pourquoi la philosophie est le seul chemin possible : c'est une quête ontologique de soi, dans la mesure où elle nous permet de distinguer l'essentiel du superflu, par une pratique quotidienne et une permanente réflexion sur soi. Une fois que nous avons éliminé une grande partie du superflu, nous avons l'esprit plus clair pour savoir ce qui fait notre humanité. La réponse est simple, puisqu'en fait par ce cheminement nous prouvons déjà notre humanité ! Eh oui, en se posant un instant et en se demandant si ce que nous faisons est juste, si nous sommes libres et si nous avons éliminé ce qui obscurcissait notre jugement, nous avons utilisé... notre raison.
Je vous le donne dans le mille : pour les stoïciens, c'est cette capacité à utiliser notre raison pour vivre qui fait de nous des humains. Pourquoi donc aller chercher plus loin ?
Le stoïcisme, c'est le retour à la simplicité. Inévitablement, la réponse à l'essence de l'humanité est toute simple : la raison.

Mais voilà, tout le monde n'est pas capable de s'acheminer vers la philosophie, tout le monde ne peut pas raisonner, puisque dans les faits nous constatons qu'il y a bien plus d'imbéciles que de sages. Il suffit d'aller sur Facebook ou Instagram et la cruauté de la réalité se jette à nos yeux : il y a vraiment beaucoup de cons.

Voilà pourquoi il est capital pour les philosophes de montrer l'exemple et de vouloir aider les autres à aller sur le même chemin qui permet de se trouver soi-même par l'usage de la raison. Il faut apprendre aux autres, répandre l'enseignement de la philosophie, pour laisser aux autres la chance de pouvoir être véritablement heureux. C'est pourquoi la philosophie n'est pas une quête égoïste, car quand nous sommes bien avec nous-mêmes, nous ne pouvons que vouloir le bien des autres. Et voilà comment la quête ontologique de soi se mue en une recherche éthique. C'est la beauté du stoïcisme : il faut commencer par retourner en soi-même afin d'être bien avec soi, pour ensuite aider les autres. Car rester renfermé sur soi, dans sa tour d'argent en évitant de croiser qui que ce soit qui nous remet en question, c'est s'éloigner du bien. Quand on est bien avec soi, on ne redoute plus les autres.

"Moi cependant, qu'est-ce que je veux ? Comprendre la nature, et la suivre. Je cherche donc celui qui l'explique ; et, ayant appris que c'est Chrysippe, je vais à lui. Mais je ne comprends pas ses écrits ; je cherche donc celui qui les explique. Et jusque-là il n'y a pas encore de quoi s'honorer. Quand j'ai trouvé celui qui les explique, il reste à faire usage de ce qui est prescrit : cela seul est honorable." (Manuel d'Epictète, XLIX)

"il est conforme à la nature de l'homme de prendre soin de tous les hommes, qu'il ne faut pas s'attacher à l'estime du vulgaire, mais de ceux-là seulement dont la manière de vivre s'accorde avec la nature" (Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, Livre III,4-7) 

L'avis des autres nous importe peu, seul l'avis des sages est qualitatif, puisqu'il aura un jugement sain et non corrompu par des foutaises. C'est pourquoi il ne faut pas craindre le regard de ceux qui sont dans le faux, au contraire, il faut les aider à s'améliorer, il faut leur tendre la main, sinon, qui le fera ? Ils resteront jusqu'à leur mort dans une vie fausse et corrompue.

Mais attention !

Aider les autres, oui. Que ça nous fasse du mal : non. A partir du moment où l'on sent que la colère monte en nous, que malgré tous nos efforts l'autre reste hermétique et préfère s'aveugler à s'attacher au superflu : il faut fuir. Nous risquons alors de corrompre notre âme à nouveau par la colère et tout le travail effectué sera réduit à néant. C'est donc capital de se préserver soi-même. Alors oui, dans cette dimension là le stoïcisme reste égoïste, il diffère radicalement du christianisme qui lui insiste pour que nous soyons toujours ouverts et que nous donnions toujours tout même aux plus méchants et aux moins réceptifs. Le stoïcisme vous dirait : oui, il faut s'ouvrir aux autres et leur tendre la main. Mais s'ils la mordent encore et encore, avant de perdre votre membre il faut renoncer. Toutes les âmes ne peuvent être sauvées, et la vôtre compte autant que celle des autres, alors vous n'avez pas à l'avilir pour les autres.

D'ailleurs, comment est-ce possible qu'il y ait des méchants ? Alors que les stoïciens nous cassent les oreilles à nous répéter que la nature de l'homme est bonne si sa raison est sur le droit chemin ?

"Personne d'autre en effet ne te nuira, si toi, tu ne le veux pas ; on te nuira à partir du moment où tu jugeras que l'on te nuit." (Manuel d'Epictète, XXX)

"— Et quel est le châtiment qui atteint celui qui a chargé de chaînes son propre esclave ? Lequel à ton avis ? — C’est le fait même de l’avoir chargé de chaînes ; tu le reconnaîtras, si tu veux que soit sauf ce principe que «  l’homme n’est pas une bête sauvage, mais un être civilisé ». Quand cela va-t-il mal pour la vigne ? Quand elle est dans un état contre nature. Et pour le coq ? Aussi. Donc pour l’homme également. Qu’elle est donc sa nature ? De mordre, de ruer, d’emprisonner, de décapiter ? Non pas, mais de faire du bien, d’aider, de prier. Il est donc en mauvais point, qu’il le veuille ou non, quand il agit avec violence." (Epictète, Les Entretiens, IV-120 à 122)

Déjà, dans le premier extrait, nous avons une première idée du mal chez les stoïciens : il n'est qu'affaire de jugement. Eh oui, rappelez-vous : notre jugement seul accorde de la valeurs aux choses et aux actions. C'est ce que nous mettons comme affect qui fait que nous jugeons une action de bonne ou de mauvaise. Ainsi, quoiqu'il nous arrive, si nous décidons de ne jamais être victime, nous ne le sommes pas. Cela implique bien entendu d'avoir déjà parcouru une bonne distance dans la quête du bonheur, puisque cela veut dire que nous somme plus forts que notre jugement et que nos premières opinions. De la part d'Epictète, cela prend encore plus d'ampleur car il fut esclave d'un maître très violent. Nous savons par des témoignages historiques qu'Epictète a subit la torture, on lui a brisé la jambe et depuis cet évènement il boitait. Epictète sait donc ce que c'est que souffrir injustement, de se faire torturer et d'être considéré comme un moins que rien. Mais voilà ce qui lui restait : lui-même, et sa capacité de juger. Pour ne pas souffrir, il faut le décider. Bien sûr, il y a la souffrance physique, qui est inévitable. Mais il est possible de la dissocier de la souffrance de l'âme : avoir mal au corps ne doit pas tâcher notre âme de colère ou de mal.




Je vais m'attarder un instant sur le deuxième extrait d'Epictète, qui est si dense qu'il y en a des choses à dire dessus ! Une analyse plus prononcée me permettra de mieux vous faire comprendre le concept du mal dans le stoïcisme.

Le mal n'est pas à tolérer, bien entendu, mais il s'avère que le plus grand mal n'est pas celui que subit la victime, mais celui que commet le bourreau. « commettre l'injustice est un plus grand mal que la subir », disait Socrate (Platon, Gorgias, XXVIII, 472c-473a). Cette affirmation est surprenante, elle renverse à nouveau les schémas d'idées que nous nous faisons habituellement. Comment, alors quelqu'un qui fait du mal à autrui se fait en réalité plus de mal à lui-même ? C'est que, en faisant du mal à l'autre, nous ne nous respectons pas nous-mêmes : «  — Et quel est le châtiment qui atteint celui qui a chargé de chaînes son propre esclave ? Lequel à ton avis ? — C’est le fait même de l’avoir chargé de chaînes ; tu le reconnaîtras, si tu veux que soit sauf ce principe que «  l’homme n’est pas une bête sauvage, mais un être civilisé ». » Charger de chaîne un homme, c'est le rabaisser, c'est le considérer comme un animal. Or, mépriser autrui c'est avilir sa propre âme. C'est soi-même être la bête, car nous nous empêchons d'être libre en voulant emprisonner les autres. Etre libre ne peut que signifier vouloir le mieux pour les autres. Aussi, en commettant des actions pour priver les autres de liberté, c'est se la refuser à soi-même.
Mais tout de même, cette sentence est assez frappante : « l'homme n'est pas une bête sauvage, mais un être civilisé ». Il est curieux de la placer à cet endroit de l'argumentation, puisqu'il était question de maître, de liberté, d'esclave, et subitement Epictète fait intervenir l'opposition entre sauvage et civilisé. La différence entre une bête sauvage et un homme, c'est que la bête ne peut pas se maîtriser. Elle ne peut pas suivre le chemin de la philosophie pour apprendre à ne pas céder à ses jugements potentiellement faux (a-t-on déjà entendu parler d'une bête philosophe?). L'homme quant à lui, même s'il est dans l'erreur il a la possibilité de se remettre sur le droit chemin de la pensée, et se mettre à faire de la philosophie.
Epictète donne alors quelques exemples succins pour montrer la logique de son raisonnement : « Quand cela va-t-il mal pour la vigne ? Quand elle est dans un état contre nature. Et pour le coq ? Aussi. Donc pour l’homme également. » (121)
Sans aucun doute, ces exemples peuvent sembler en contradiction avec ce qui précédait, puisqu'il semble que les bêtes sauvages ne sont pas libres, contrairement à l'homme, qui n'est civilisé que quand il se maîtrise (et donc, ne commet pas le mal). Mais en réalité il n'en est rien, comme le montre la suite et la fin de ce texte : «  Qu’elle est donc sa nature ? De mordre, de ruer, d’emprisonner, de décapiter ? Non pas, mais de faire du bien, d’aider, de prier. Il est donc en mauvais point, qu’il le veuille ou non, quand il agit avec violence. » (122).
Ces deux morceaux sont liés, car dans la seconde partie (122), il est mis en exergue un vocabulaire rappelant la bête sauvage (mordre, ruer), mais également des maux humains (emprisonner, décapiter). En effet, la bête sauvage n'est pas libre quand elle (semble) faire du mal, mais en réalité, elle se fait du mal à elle-même car elle s'empêche d'être libre. Cela n'est sans doute pas conscient de la part du monde animal, mais telle n'est pas la question ici. Il s'agit plutôt pour Epictète de trouver des exemples logiques, sortis du réel, pour illustrer et rendre évident son argument. La vigne va mal quand elle est dans un état contre nature (la maladie), le coq également. Et pour l'homme ? « Donc pour l'homme également. » Pourquoi serions-nous différent des autres êtres dans la nature, si la nature de chaque chose est faite pour que chaque être ait sa place dans le monde ? Et voilà la nature de l'homme : « faire du bien, d'aider, de prier ». En somme, ce que faisait Diogène avec les pirates et plus tard avec son maître. La nature de l'homme est de répandre le bien autour de lui, de se conduire avec droiture (« faire le bien »), d'enseigner cette voie de l'âme bonne (« aider »), et d'avoir une vie spirituelle, liée à l'âme, puisque pour les Grecs, puis pour les Romains, la notion de spiritualité est différente de la notion moderne teinté de religiosité. La spiritualité, du latin spiritus qui veut dire littéralement le souffle, est ce qui permet d'améliorer son âme (« prier »). C'est pourquoi, s'empêcher ces trois principes naturels, c'est s'empêcher d'être libre, et conforme à sa nature qui est nécessairement bonne. Le mal en soi n'existe donc pas, il est une erreur de jugement. C'est mal connaître sa nature, d'autant plus que le véritable mal du mal... c'est le faire. Etre méchant, c'est commettre le pire crime contre soi-même, c'est avilir son âme, comme met en garde Epictète « il n'est pas sans dommage de commettre une injustice », qui prend tout son sens dans les derniers mots du texte « Il est donc en mauvais point, qu'il le veuille ou non, quand il agit avec violence ». C'est indépendant de notre volonté : nous pouvons nous mentir à nous-mêmes en prétendant que nous ne souffrons pas de faire des méchancetés, cela affecte véritablement notre âme. Epictète semble dire cette dernière phrase avec un mélange de pitié et de hauteur, sans prétention, mais comme quelqu'un qui a subit le mal, mais qui plaint ses bourreaux, car étant libre, il n'a pas souffert, tandis que les méchants se sont atrophié l'âme. Faire le mal n'est jamais sans conséquence pour soi-même. Aussi vaut-il mieux urgemment se mettre sur le chemin de la philosophie, apprendre à être libre, et suivre sa bonne nature.

"Le propre de l'homme, c'est d'aimer même ceux qui l'offensent. Le moyen d'y parvenir, c'est de te représenter qu'ils sont tes parents, qu'ils pèchent par ignorance et involontairement ; que, dans un instant, les uns et les autres, vous serez morts ; et surtout qu'on ne t'a pas nui, car on n'a pas lésé ta partie directrice, restée ce qu'elle était." (Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, Livre VII-22)

Alors oui, la nature de l'homme est bonne : une fois débarrassée de ses mauvaises habitudes elle peut se recentrer sur l'essentiel : la raison. Cette raison lui permet de se concentrer sur la "partie directrice", comme le nomme Marc Aurèle, c'est-à-dire l'âme, notre "guide intérieur" et notre "bien suprême". Le voilà ce seul et unique bien dont nous devons seulement nous préoccuper !

"Le matin, quand il coûte de te réveiller, que cette pensée te soit présente : c'est pour faire oeuvre d'homme que je m'éveille. Vais-je donc être encore de méchante humeur, parce que je pars accomplir ce pour quoi je suis fait, en vue de quoi j'ai été mis dans le monde ? Suis-je constitué pour rester couché et me tenir au chaud sous mes couvertures ? - C'est plus agréable ! - Es-tu donc fait pour l'agrément ? Et, en général, es-tu fait pour la passivité ou pour l'activité ? Ne vois-tu pas que les plantes, les passereaux, les fourmis, les araignées, les abeilles font leurs tâches propres et contribuent pour leur part au bon agencement du monde ? Alors toi, tu ne veux pas faire ce qui convient à l'homme ? Tu ne cours pas à la tâche qui est conforme à ta nature ? - Il faut bien aussi se reposer. - Oui, d'accord ; mais la nature a donné des bornes au repos, comme elle en a donné pour le manger et le boire. Et toi cependant, ne dépasses-tu pas les bornes, ne vas-tu pas au-delà de ce qui est suffisant ? Faut-il agir, tu n'en es plus, tu restes en deçà du possible. C'est que tu ne t'aimes pas toi-même. Sinon, tu aimerais ta nature et son dessein." (Ibid, Livre V-1)

Dans ce texte lumineux, Marc Aurèle discute avec lui-même. Il répond en fait à ses propres tentations de flemmarder dans son lit et de ne pas suivre la voie stoïcienne, ce qui rend ce texte encore plus touchant, puisqu'il est sincère, et surtout humain. Qui ne s'est pas déjà violenté pour s'extirper de son lit douillet ? Voilà encore un aspect du stoïcisme, celui de l'authenticité, et de l'honnêteté. Il faut aussi admettre qu'on n'est pas parfait, et se battre contre soi-même. On voit dans ce texte le combat de Marc Aurèle, entre sa raison, qui argumente, qui donne des exemples, qui raisonne, et sa flemmardise tentante qui, avec des phrases courtes, montre la simplicité tentante de l'oisiveté. Il est si simple de se laisser aller, alors que le chemin de la raison est difficile !
C'est pourquoi Marc Aurèle fait intervenir ce mot, si fort, d'amour. S'aimer soi-même, c'est de pas se laisser aller. C'est éduquer sa raison, c'est se lever et faire "son oeuvre d'homme" et respecter sa nature.
D'ailleurs, Marc Aurèle ajoute une dimension supplémentaire à la nature de l'homme : il s'agit non seulement d'exercer sa raison correctement, mais de le faire en vue de s'inscrire dans un ordre cosmologique. Il compare le fait de suivre sa nature d'homme à des petits animaux, en apparence insignifiant pour l'orgueil humain (passereaux, fourmis, abeilles, araignées), mais qui eux, même si tous petits, respectent leur nature et la suivent, et de cette façon respectent l'ordre du monde.
C'est une grande théorie stoïcienne, en tout cas très présente chez Marc Aurèle (bien plus que chez Epictète par exemple), de penser le monde comme un grand cosmos dans lequel tout est question d'équilibre. Ainsi, vouloir se soustraire à sa nature, même si cela nous paraît infime, c'est mettre en péril l'équilibre du monde. C'est mettre en danger l'ordre cosmique. Et c'est ne pas s'aimer, ni aimer la nature, c'est être mauvais. A notre époque actuelle, il est inévitable de penser à tous ces problèmes climatiques et de pollution : l'homme a voulu être plus fort que sa nature, il a voulu aller plus loin que son humble place naturelle. Voyez comme il le paie aujourd'hui. Voyez le monde, comme nous l'avons mis en danger. Voyez comment notre existence est menacée, cette existence même que nous pensions si supérieure aux autres. Voyez comme un typhon balaie tout avec indifférence. Eh quoi, parce que tu es riche tu te crois au-dessus de tout cela ? Voie comment tes biens peuvent être effacés du jour au lendemain sans aucune raison. Constatez la fragilité de l'existence.
En sommes, comme toujours avec les stoïciens : tout est affaire de bon sens. Les animaux suivent leur nature, alors je dois suivre la mienne.
Il est ici important de noter que "suivre sa nature" reste définitivement ambiguë chez les stoïciens. Il s'agit, inévitablement, d'user sa raison pour se libérer des mauvais jugements. Mais il semble aussi qu'il y a une dimension supérieure à cela. Sénèque suggère implicitement qu'il faut savoir ce pour quoi l'on est bon, Marc Aurèle aussi, mais le premier pense à ce qui nous fait du bien individuellement, tandis que le second pense au bien de la communauté, car l'homme par nature s'épanouit en communauté.

Voilà une question fort intéressante mais laissée en suspens chez les stoïciens. Sans doute, par soucis de liberté : le stoïcisme est un guide de vie et non une encyclopédie qui donne des définitions aux choses et à la vie. Il s'agit de nous guider vers le droit chemin, de nous donner des outils, mais nous sommes libres d'accomplir ce que nous souhaitons avec ces outils.

Nul besoin de se demander pourquoi le stoïcisme est si fondateur dans l'histoire de la philosophie occidentale : nous en trouvons des influences marquées chez Descartes, Spinoza, Nietzsche, Hegel, Karl Marx, Hannah Arendt, Foucault, etc. car le stoïcisme est un guide exceptionnel dans la quête de nous-mêmes. Chaque philosophe a alors apporté sa propre réponse, en critiquant parfois le chemin proposé par les stoïciens, en approfondissant des pistes, mais personne ne niera jamais cet héritage, ce bel héritage, que nous a laissé plus de 1000 ans de stoïcisme.

Je vous laisse méditer là-dessus mes chatons, et j'espère que ce triptyque stoïcien vous aura plu !

A très bientôt,

Bécots.

P.S : j'avais prévu un article sur l'amitié chez les stoïciens, mais il me semble à présent superflu. Je le laisse de côté pour une réflexion sur une dimension plus large que l'amitié, celle de la communauté, dont je vous parlerai courant novembre !




Crédit photos : l'Amoureux

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Lieu : Nances, Savoie

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Commentaires

  1. Bonjour chère Matoushi's, et merci encore pour cet article.
    Les Stoïciens je les aime d'amour.
    Première source de souffrance ne pas se connaitre soi même, ne pas connaitre sa nature. Hé oui... ça ne signifie pas se regarder le nombril, mais se connaitre pour s'accepter et par ce biais accepter les autres.
    Le pardon également, pardonner ceux qui vous offensent ou vous ont offenser sans le vouloir ou sans le savoir, ça aide à grandir et à moins souffrir.
    Combattre la colère, quand la colère ne devient pas constructive (si si parce que parfois être en colère et travailler dessus c'est tout bon également).
    Et bien sûr, encore une fois ils ont raison, la plus grande bataille c'est encore contre soi même. (Pour Sartre l'enfer c'est les autres, mais en réalité c'est de ce laisser polluer par eux).
    Merci pour cet article, au plaisir d'en lire de nouveau.

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    1. Mille merci pour ta lecture et ce beau commentaire (une fois de plus ! tu me gâtes !). Le pardon, oui tout à fait, c'est aussi accepter l'autre comme il est sans vouloir le changer. Ca nous épargne beaucoup de souffrances. Finalement tout est lié et c'est ce que je trouve de beau dans la philosophie stoïcienne : agir sur soi c'est agir sur les autres, agir sur la colère c'est agir sur l'amour, etc. Tout est lié dans l'univers, et après tout c'est ce que je trouve de beau dans la philosophie elle-même, elle est le chemin qui nous mène à cette harmonie suprême.
      Merci à toi et des bisous !

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  2. Alors tout d'abord laisse moi te dire que cette série de photos est superbe :) Bravo à vous deux pour le travail ! Les yeux rouges c'est tellement TOI : Hâte de lire ton récit sur la communauté chez les Stoïciens ;)

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    1. Merci ma poulette <3 franchement les yeux rouges j'aime tellement ça je me demande pourquoi je ne suis pas née avec ! XD

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