Le poids des mots





Hello mes chatons,

Comme vous le savez, j’ai été confrontée il y a quelques semaines à des personnes qui mentaient effrontément autour d’elles pour me faire passer (indirectement puisqu’heureusement, elles n’ont pas cité mon nom) (sinon je peux vous dire que ça allait chier sévère !) pour quelqu’un de mauvais. J’ai été très fortement ébranlée par cette mauvaise expérience, non pas parce que je tenais à ces personnes, bien au contraire, mais parce que ça m’a beaucoup choquée de devoir constater que des personnes arrivent à mentir et à se regarder dans un miroir le matin.

Il y a peu de choses que je trouve impardonnables, car malgré mes airs misanthropes et révoltés, j’ai un profond côté chrétien, et je pardonne souvent les faiblesses des autres, pour mieux savoir pardonner les miennes (bien que je sois souvent plus sévère envers moi-même qu’envers les autres). Parmi elles, le mensonge est quelque chose que je ne supporte pas. Inventer des histoires pour se rendre intéressant-e, ou changer des faits pour les tourner en sa faveur afin de discréditer autrui, voilà des comportements que je trouve absolument immondes, indignes et révoltants. Ce n’est pas facile d’être sincère, ni envers soi-même, ni envers les autres, je le conçois. Nous vivons en société, nous avons besoin de liens sociaux pour survivre, et souvent les autres ne tolèrent pas les faiblesses que nous pouvons avoir. Nous sommes dans un monde impitoyable, mais je soutiens que s’il est ainsi c’est parce que les gens ne sont pas assez sincères envers eux-mêmes.
Je vous le disais dans cet article, combien de personnes se font passer pour ce qu’elles ne sont pas sur les réseaux sociaux ! Combien s’inventent des communautés, et parfois même des photos ! (je ne lancerai pas le débat sur l’utilisation d’images Pinterest sur son feed Instagram, je trouve ça intolérable car c’est du vol de propriété intellectuelle. Non, dire que « Pinterest » est la source de l’image sans en citer le réel auteur n’est pas mettre le crédit photo. Enfin bref, passons.) 

Souvent, ces personnes se forgent une personnalité qui n’est pas la leur. Ainsi, j’ai pu découvrir, hélas, que sous des airs avenants et souriants, certaines ne faisaient qu’utiliser les autres pour créer leur contenu, d’autres se font passer pour de belles âmes innocentes et mignonnes, alors qu’elles sont de perfides manipulatrices, d’autres vous ignorent mais volent vos photos, vos partenariats, vos amis… enfin bref, Internet est devenu un autre moyen pour les âmes perdues et minables de tenter d’écraser le juste et le véritable. Mais attention hein, toujours avec le sourire et à grand coup de discours sur l’honnêteté !

Voilà ce qui me posait problème pour vous écrire aujourd’hui à ce sujet, et sur pas mal d’autres sujets également : aujourd’hui les mots sont utilisés à tort et à travers, ce qui fait qu’ils en deviennent dépossédés d’eux-mêmes.
Je voulais ainsi vous parler du mensonge, car j’ai lu un texte de Rousseau qui m’a beaucoup frappée. Mais il m’était impossible de vous écrire quelque chose de satisfaisant sans vous parler du poids des mots. Cette réflexion aura donc deux parties, la première, que voici, sur le poids des mots, la seconde, sur le mensonge.

Il y a tellement de mots qui sont utilisés à tort et à travers que j’ose à peine les utiliser, de peur d’être mise dans le même panier que ceux et celles que je méprise, et pourtant ce sont de beaux mots : confiance en soi, honnêteté, authenticité, sincérité, beauté, amour, paix, communauté… hélas ils sont salis par l’usage qu’en font des personnes qui ne cherchent qu’à attirer la sympathie et qui, sournoisement, profite de la tendance pour gratter l’admiration chez les autres.
Un dilemme se présente à moi : comment me désolidariser de ces personnes, et comment prouver que j’utilise ces mots avec véracité ? La réponse fut malheureusement évidente : je n’ai aucun moyen de le faire. Car la confiance passe aussi par la croyance, et si l’on ne me croit pas, je pourrai argumenter aussi bien que je le peux, je n’aurai l’approbation de personne. Aussi, me suis-je résolue de penser que l’essentiel était qu’envers moi-même, et une poignée de gens qui me sont proches et que je respecte, j’étais irréprochable, et que je sais que ce que je fais je le fais avec vérité.
Ainsi, le poids des mots est celui qu’on lui donne, parfois il est bien léger, et à part intérieurement bouillir et frémir, je ne peux critiquer frontalement, au risque de passer pour la prétentieuse de service, qui s’arroge son savoir pour se placer en donneuse de leçon. Mais voilà pour moi le signe de la mauvaise foi : refuser le dialogue et immédiatement agresser quelqu’un qui ne pense pas pareil que soi, se retranchant derrière ses myriades de followers aussi bêtes que réactifs, c’est reconnaître involontairement sa faute. Quant à moi, je suis toujours ouverte au débat, tant qu’il est fait sans agressivité et avec respect des idées d’autrui. J’aime au contraire devoir défendre mon idée, trouver des arguments, réfléchir à ceux que l’on me donne. N’est-ce pas là la beauté de l’échange ? Ainsi, je me dis qu’aux yeux des sages, ces personnes se ridiculisent. Vous me répondrez : mais il y a si peu de sagesse sur Internet, et dans le monde. Et bien, oui, il est vrai, mais je suis d’avis que ces personnes prendront un retour de bâton du karma (j’appelle ça avec beaucoup de délicatesse : « Karma dans ta gueule, connasse. »), un jour ou l’autre. 

Ma mère avait usage de me dire ça, quand j’étais adolescente : il faut de la patience. Aujourd’hui les personnes malhonnêtes mentent et utilisent de si belles idées pour les salir par leur mauvaise âme, demain elles le paieront : entourées de personnes aussi fausses qu’elles, leur âme ne trouvera pas la sérénité. Maigre réconfort pour le présent, mais je reste persuadée que les mots forts comme ceux que j’ai cités ont leur propre justice. A semer l’inconstance, on ne récolte que le mépris. Voilà ce qui me console aujourd’hui.

Mais tout de même, entendre parler de « bodypositive » quand on va faire des camps d’amaigrissement, d’ « authenticité » quand on achète des milliers de followers, de « sincérité » et de « simplicité » quand on méprise et qu’on vole la créativité des autres, et d’ « honnêteté » quand on baigne dans le luxe et la vie égoïste des paresseux, ça me fait frémir.
Il n’y a donc pas vraiment de conclusion satisfaisante à ce problème, puisque j’en déduis que le poids des mots est celui qu’on veut bien leur accorder. Toutefois, j’espère que ces mots ont leur propre justice, et que le temps seul sera l’instrument impartial de la vérité, qui triomphe toujours.

Et je m'excuse, j'allais vous quitter ainsi, brusquement, sans vous laisser de cadeau.

Mon petit présent de cette fois sera emprunté à Kant, notre cher philosophe génial mais mal-aimé car faut quand même dire que la littérature c'est pas son fort (il écrivait de la philosophie à l'image des raisonnements logiques, du coup c'est souvent très difficile à comprendre, même si c'est passionnant):

"Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle" (Fondements de la métaphysique des moeurs, 2ème section)

Le meilleur commandement à imposer à la volonté, est celui de toujours se demander si l'action que nous réalisons pourrait être effectuée par n'importe qui à n'importe quel moment, et de cette manière nous comprendrons si notre acte est juste et moral, ou non. Il faut se comporter et s'éduquer soi-même en se posant en modèle universel, afin de ne jamais s'écarter du chemin de la droiture. Cela impose une discipline de l'esprit mais aussi beaucoup d'abnégation, car il est difficile de lutter contre soi-même jour après jour. Ainsi, il ne faut pas se dire que nous commettons un acte isolé, et donc s'il est mauvais ce n'est pas grave, mais au contraire se demander ce que deviendrait le monde si tout le monde agissait comme nous. Ce sera comme ça que nous serons en mesure de bâtir un monde plus juste et plus moral que celui dans lequel nous vivons. Dans notre sujet d'aujourd'hui, il faudrait alors se demander si dire n'importe quoi à n'importe quel moment est un principe universel enviable. Que risquerait de devenir un monde dans lequel plus aucun mot n'a de valeur, dans lequel la trahison du sens deviendrait systématique ? Quel avenir pour une humanité qui ne fait que se mentir à elle-même et aux autres ?

Je vous laisse sur ces pistes de réflexions, et je vous donne rendez-vous au prochain article pour penser ensemble au mensonge :)

Bécots mes chatons.




Crédit photos : l'Amoureux

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Lieu : Les Charmettes, Chambéry, Savoie (là où Rousseau vécu six ans de sa jeunesse avec la fameuse Mme de Warrens)

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Veste* : +Lili la Tigresse (dispo ici)
Pantalon* : +Lili la Tigresse
Top* : Jiuly Paris (dispo ici)

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Lunettes de soleil : +Dior
Chaussures : Irregular Choice
Bijoux : +Les Néréides 

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Tous les articles précédés de + sont des articles produits avec certitude de façon équitable (respect de la main d'oeuvre et de son savoir faire ou respect de l'environnement ou les deux à la fois).
Tous les articles suivis d'une * ont été offerts par la marque en question.



Pantalon Lili la Tigresse



Veste kimono Lili la Tigresse

Boucles d'oreilles les Néréides













Commentaires

  1. ahhhhh les gens et internet
    J'étais entrain de me faire une reflexion qui y ressemble cet aprèm

    Des fois je trouve les gens insupportables et je me demande ce que je fou là avec mon blog / insta' car même moi je fais partie de cette masse même si mon but n'est pas le même que le leurs...

    sinon j'aime bien ta veste je l'avais repéré sur le site mais dans un autre coloris :) Avec la saturation des couleurs elle en jette encore plus !

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    1. J'éprouve la même chose que toi, on fait partie d'une masse tout en ne se sentant pas du tout en accord avec ce que cette même masse attend de nous. De cela peut résulter une angoisse et un certain désespoir, mais comme je te le disais, je pense qu'il faut chaque jour se persuader de sa propre légitimité dans sa singularité pour pouvoir supporter de ne pas être dans la norme...
      et ouiiii ce kimono long existe dans les tons froids, j'avais hésité à le prendre car il est magnifique également !

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  2. Le meilleur moyen de te "venger" est de les ignorer ... Tôt ou tard, le mal que font ces personnes leur reviendront :)
    Concernant ta tenue, j'adore ton kimono !!
    bisous
    http://lhistoiredelamode.blogspot.fr

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    1. Tu as bien raison, comme le dit Rousseau " ils n'auront jamais ma haine, je ne leur donnerai que mon mépris" haha ;) merci pour ton gentil commentaire, bisous !

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  3. Séléné la tête dans les étoiles21 août, 2017

    Alala qu'est-ce que j'aimerai trouvé le courage d'écrire ce genre d'article. Malheureusement, dés que ça dépasse les 10 lignes, souvent les gens ne lisent pas. Ils ne veulent pas de la profondeur, ils viennent se repaître des possessions matérielles. Je n'ai jamais trop réfléchi aux questions existentielles, à celles qui veulent t'élever, te faire grandir. Jusqu'à ce que je devienne vegan. Ne t'inquiètes pas tu verras vite le rapport. C'est ce changement dans ma vie qui m'a poussé, étrangement, à m'intéresser à l'humain, aux gens, à ce que l'on est dans ce monde, et à ce que l'on est vraiment. Pourquoi ce qui me semble urgent, éthique et moral peut faire rire et susciter l'incompréhension. Et j'en suis arrivée à une conclusion, difficile, douloureuse, mais nécessaire. C'est ainsi nous n'y pouvons rien. C'est ainsi que nous sommes. Nous avons des vices, nous mentons, nous tuons, nous volons, malgré les différentes alertes, malgré le danger, nous fumons, nous buvons à n'en plus tenir droit, nous pillons nos ressources et appauvrissons sols et populations fragiles pour des fraises en hiver.... Bref cela fait parti de l'être humain. Ce n'est ni bien, ni mal, c'est juste un fait. Et de ce fait j'ai décider d'accepter, pour ne plus souffrir. Je ne suis pas meilleure et autrui n'est pas moins bon. Nous sommes différents. Ce qui me touche peut ne pas toucher mon voisin. Nous n'avons pas la même morale mais l'une n'est pas meilleure que l'autre. Nous ne donnons pas le même amour, n'avons pas les mêmes attentes. J'ai décider d'accepter pour ne plus souffrir, ne plus être prise pour une idiote. Je le sais quand on me ment, quand on se fout de moi, je l'accepte, et à partir de ce moment il me reste deux choix. Continuer à faire semblant parce que c'est commode et que la distance me permet de ne pas souffrir, ou tourner le dos et me dire c'est ainsi, tant pis, nous trouverons la prochaine fois, cet autre qui à les mêmes valeurs que moi, ou qui saura m'apporter et à qui je pourrais donner. Ces gens qui, pour leur satisfaction personnelle vont te faire souffrir, te bafouer en place public, sont ainsi. Et malheureusement il est possible que rien ne puisse changer ça. On voudrait se venger, on voudrait crier, mais ça ne changera rien. Tristement. Accepter est la meilleure chose qui me soit jamais arriver. Je ne sais pas trop si tu auras lu jusque ici, c'est un bébé pavé ^^ j'espère avoir réussi à exprimer clairement ma pensée. Merci de partager tes mots avec nous.

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    1. Je comprends bien ton point de vue (enfin, je pense ;) ), mais la révoltée qui est en moi ne peut s'empêcher de trouver un peu dangereux le relativisme dans lequel tu me sembles tomber. Nous sommes tous différents, bien entendu, d'abord biologiquement, et bien entendu psychologiquement. Mais nous restons au fond de nous des humains, et il y a des traits communs à notre espèce. Je pense par exemple à la morale, qui ne saurait être un principe relatif si nous voulons aspirer à vivre dans un monde meilleur. Se consoler de ses propres maux en se disant que nous n'y pouvons rien, me semble un brin dangereux dans un monde qui a connu la seconde guerre mondiale et qui continue à s'enfoncer dans l'indifférence de son voisin. C'était bien le problème en 1940, celui de penser que l'autre est différent et que nous ne pouvons avoir aucune emprise sur notre vie ni sur notre morale, puisque nous sommes profondément mauvais... et où cela a-t-il mené ? Pour moi, avancer que l'homme est mauvais et qu'il n'y peut rien, c'est aussi baisser les bras et dire amen à toutes les horreurs qu'il commet. En effet, puisqu'il ne peut rien, à quoi bon le changer ? Pourquoi alors chercher à devenir meilleur chaque jour ? Pourquoi ne pas se laisser tenter par la facilité de la méchanceté ? Pour moi tu soulèves un problème fondamental, celui de la légitimité de la morale universelle. Je pense comme Jankélévitch et Camus, il y a des choses intolérables, et c'est au moment où on baissera les bras et que nous les accepteront que le monde ne sera plus digne d'être en vie. Enfin, c'est difficile de te partager ma réponse en peu de mots, aussi j'espère que tu ne prendras pas mal ma réflexion, courte, réduite à son plus simple appareil, mais j'espère qu'on se rencontrera un jour car on aura beaucoup de choses à se raconter ;) bisous !

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  4. tu as un courage de fou
    tu ne lache rien et tu restes la même depuis que je te connais et cela fait un moment
    super tenue
    gros gros bisous

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    1. Mille merci Chacha pour ta fidélité, ça doit faire presque 6 ans qu'on se suit toutes les deux ! tu sais, j'ai voulu plusieurs fois lâcher l'affaire mais ça m'emmerdait encore plus de laisser triompher les médiocres et les stupides, du coup je m'accroche autant que je peux ;) bisous !

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