1 Tenue 1 Bouquin : Le Pavillon d'Or

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Hello mes chatons,

Nous nous retrouvons comme tous les derniers jeudi de chaque mois, pour la rubrique mode/littérature ! Je vous rappelle le principe : chaque mois je vous parle d'un livre que j'ai adoré, autour d'un look inspiré par ce livre.
Ce mois-ci c'est (encore) un auteur japonais, Mishima Yukio avec son livre Le Pavillon d'Or.
Bon, alors, pour les photos j'avais oublié mon livre à Paris alors que nous passions quelques jours à la campagne, mais finalement c'est pas plus mal car ça faisait un peu répétitif de me voir à chaque fois avec le livre à la main ^^

Ce livre m'a énormément marqué quand je l'ai lu il y a quatre ans, j'ai eu un coup de coeur absolu avec cet auteur et surtout le thème de ce livre, qui est très philosophique, sur le néant de la vie et la contingence de l'existence.
Pour vous situer le "roman" (plus essai à mon sens mais bon), Mishima Yukio l'a écrit 6 ans après l'attentat d'un jeune moine bouddhiste qui a mis le feu au Pavillon d'Or, le fameux temple à Kyôto (je vous invite à aller relire mon article dessus quand je l'avais visité >ici< ). Mishima voulait comprendre comment un moine pouvait en venir à mettre le feu à une oeuvre d'art bouddhique, un endroit mythique, un symbole énorme du bouddhisme au Japon.
Honnêtement, je trouve que tout ce qui est roman dans ce livre est purement anecdotique, ça permet à Mishima de mettre un contexte à sa réflexion, mais le plus captivant à mon sens est toute la réflexion existentialiste qu'il développe.
C'est un livre très noir, je vous préviens, Mishima analyse toute l'angoisse et la solitude de son existence (enfin, à travers le jeune moine bouddhiste), un vide perpétuel qu'il sent dans son âme, et il se sent en permanence écrasé par son individualité. Le Pavillon d'Or est pour lui, une menace pour son être, car il est trop écrasant de perfection et de beauté. Il a l'impression que tant que le Pavillon d'Or est là, il n'arrive pas à vivre. C'est un sentiment qu'il analyse tout au long du livre jusqu'au passage à l'acte, et ça explique pourquoi ce jeune homme veut absolument mettre le feu au Pavillon d'Or. Il y a cette idée permanente de la destruction pour la reconstruction, et que le monde et le Moi doivent cohabiter mais que l'un chercher toujours à écraser l'autre. Cette prise de conscience de cet écrasement crée l'individualité, mais du coup crée l'angoisse et la solitude.
Une thèse peut être désespérée et angoissante, mais je lui vois une pertinence et une clairvoyance incroyables sur l'être et l'identité. Mais au fond de cette apparente détresse, il y a l'espoir et la foi en le dépassement de soi, notamment par la quête de la destruction des symboles, qui me rappellent aussi toute la guerre de Nietzsche contre la religion et la morale, en somme Mishima cherche à détruire ce qui l'étouffe pour renaître et avoir envie de vivre. En soi, avoir conscience de son individualité ne suffit pas à avoir envie de vivre, au contraire même, elle est la destruction de toute possibilité de joie. C'est pourquoi il faut la transcender, pour se trouver soi-même au delà de son individualité.

Un livre magnifique, je me suis reconnue dans toutes ses descriptions de sa grande solitude, ça m'a touchée au plus profond de moi. Mishima a mis les mots sur ce que je ressentais depuis toujours. Alors je vous encourage à le lire et le relire sans peur ! Il est certes difficile à comprendre, en tout cas si vous n'avez aucune habitude de lire de la philo, mais je pense qu'en prenant votre temps vous comprendrez ;) ce n'est pas un livre qui se lit sur un coin de table pour s'endormir, il faut prendre le temps de lire chaque mot, ce qui peut paraître fastidieux mais Mishima a une plume très poétique et lyrique qui rend la lecture aisée ;)

Voilà mes chatons !

Comme d'habitude je vous laisse avec quelques extraits du livre, et je vous dis à très vite !

bécots <3



Colza

Crédit photos : L'Amoureux

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Blouse : +Vintage
Jupe : Lindy Bop

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Lunettes de soleil : +Prada 
Boucles d'oreilles et bague : +Les Néréides*

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Tous les articles précédés de + sont des articles produits avec certitude de façon équitable (respect de la main d'oeuvre et de son savoir faire ou respect de l'environnement ou les deux à la fois).
Tous les articles suivis d'une * ont été offerts par la marque en question.


Prada

"Voilà le monde des hommes, me disai-je. La guerre est finie et, sous toutes ces lampes, les gens s'abandonnent aux pensées perverses. Des couples sans nombre, sous ces lampes, se dévorent des yeux, respirent l'odeur de l'ACTE-PAREIL-A-LA-MORT dont ils sont déjà harcelés. La pensée que toutes ces lumières sans exception sont vouées au vice me met du baume au coeur. Ah ! que la perversité tapie au fond de moi prolifère, se multiplie à l'infini ! Qu'elle tisse mille fils jusqu'à ces milliers de feux qui scintillent devant moi ! Que les ténèbres où mon coeur est pris égalent en profondeur celles de la nuit, où sont prises ces lumières sans nombre !..."




"L'effroyable sentiment d'incomplétude qui naît d'un antagonisme entre nous et le monde pourrait sans doute disparaître, à condition que change l'un des deux : ou le monde ou nous ; chimères de songe-creux, que j'avais en exécration. Néanmoins, parvenu, après une longue investigation, à cette conviction que si le monde changeait, je cesserai d'exister et réciproquement, j'aperçus là, de façon assez paradoxale, une manière de réconciliation, de compromis. En ce sens que la coexistence était possible entre le monde d'une part, et, d'autre part, la pensée qu'on ne pouvait m'aimer tel que j'étais. Le piège où l'infirme finit toujours par tomber, ce n'est pas de résoudre l'antagonisme qui l'oppose au monde, mais d'assumer intégralement cet antagonisme. Et c'est pourquoi l'infirme est incurable..."


"Tous les cauchemars du monde, tous les cauchemars de l'histoire ont pris naissance de cette façon-là. C'est par un clair soleil que les agonisants barbouillés de sang prennent des contours nets de cauchemar, que le cauchemar se charge de matérialité ; il n'est plus fait alors de l'image de notre souffrance à nous, mais de celle de l'affreuse torture des autres. Et la souffrance des autres, on peut très bien y demeurer insensible. Ah ! comme ça vous délivre !"


"Ma vie, à moi, à la différence de celle de Tsurukawa, n'offrait aucune sérieuse possibilité de symbole ; et c'est pourquoi il m'était si indispensable. Ce que, par-dessus tout, je lui enviais, c'était d'avoir conduit sa vie à son terme sans qu'il eût le moins du monde conscience de porter, comme moi, sur ses épaules, une individualité ou une mission particulières. Or, c'était précisément cela, ce sentiment d'être une individualité particulière, qui dépouillait ma vie de tout charge de symbole, bref de toutes possibilité de devenir, comme celle de Tsurukawa, une base de comparaison avec autre chose ; qui me dénudait en conséquence du sens de l'expansion et de la solidarité de ce qui vit ; qui se trouvait donc à l'origine de cette solitude qui me poursuivait partout et sans fin. Oui, c'est étrange : je ne me sentais même pas de solidarité avec le néant."

Blouse vintage

lunettes Prada






Bague Les Néréides



Commentaires

  1. Waouh les photos sont trop belles, j'adore !!!
    Deltrey
    http://deltreylicious.com

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  2. Il est vraiment canon ce look, tu as un style vraiment au top !

    Bisoux
    julie
    www.leblogdegilbertebyjulie.com

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  3. These photos are incredible!!! I love your short hair :)

    xx
    www.scarlettandgiselle.com

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  4. Ton beau chat, toujours là ! Et bravo pour ce design et ces magnifiques photos !

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  5. une vrai belle des champs
    j'aime beaucoup
    gros bisous

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