1 Tenue 1 Bouquin : La Guerre des Salamandres


Hello mes chatons !

Je terminerai 2016 non pas par des paillettes et des sequins comme l'année dernière, mais sur une note littéraire avec notre rendez-vous mensuel 1 Tenue 1 Bouquin.

Pour rappel, c'est une rubrique que j'ai décidé d'instaurer afin de concilier ma passion pour les livres et les vêtements ; je vous parle de mon coup de coeur littéraire du mois tout en concoctant un look en accord avec soit l'histoire, soit la couverture du bouquin. Ce qui est rigolo, c'est que je me rends compte qu'en fait la couverture de chacun de mes livres va avec à peu près tout ce que j'ai dans mon dressing, et qu'en fait il m'arrive souvent de m'habiller avec les mêmes couleurs qui habillent le livre que je lis au même moment !

Pour ce mois-ci, je vous propose de partir dans le livre visionnaire de Karel Čapek (l'inventeur du mot robot dans son excellentissime pièce de théâtre R.U.R Rossum's Universal Robots) : La Guerre des Salamandres, dont le style est savoureux, l'humour acide et pertinent, et sa vision de l'humanité extrêmement éclairée et alerte.

L'histoire est simple : un capitaine de bateau tombe par hasard sur une île pleine de salamandres fort intelligentes, qu'il commence à employer afin de développer son trafic de perles. Bien entendu ce bon filon ne reste pas secret longtemps et les humains finissent par réduire en esclavage lesdites salamandres. Mais qui dit esclavagisme, dit révolte, et les salamandres, devenant peu à peu indispensables à l'homme, vont finir par revendiquer leur indépendance.

Si ce livre est incroyable, c'est d'abord parce qu'il a été publié en 1936, alors que le nazisme vivait son âge d'or en Europe. Čapek est tellement averti sur les dérives des régimes totalitaires, de ces personnes qui usent de leur supériorité numériques et techniques afin de réduire les autres espèces à rien de plus que des outils... Ce que j'ai aussi beaucoup apprécié, c'est que c'est un livre qui oscille entre l'humour noir, la conscience éclairée de Čapek qui fait presque frémir par sa lucidité, la dystopie et une réflexion philosophique sur ce qui fait l'identité des humains.

J'y ai retrouvé un peu les mêmes problématiques que dans sa pièce de théâtre R.U.R, puisqu'on y trouve la même question essentielle : pourquoi l'humain se croit-il supérieur aux autres espèces ? L'humanité court-elle toute seule à sa propre perte à cause de son avidité d'argent et de pouvoir ? L'humanité a-t-elle encore un avenir ?

Et en ce moment, avec toutes ces guerres, ces conflits, la montée des extrémismes politiques et religieux partout dans le monde, je trouve ce livre effroyablement lucide et d'actualité. Il y a presque 100 ans, Čapek avait des craintes qui sont malheureusement devenues réalité... Impossible de ne pas penser à l'exploitation des plus faibles, des animaux, des pays pauvres, simplement pour de l'argent.

Je vous laisse quelques extraits comme d'habitude le long des photos ;)

Je vous conseille vivement ce livre, c'est une vraie merveille, facile à lire, le style est captivant et limpide, c'est drôle mais intelligent, et c'est à mettre entre toutes les mains afin d'éveiller les consciences...

Je vous souhaite de très beaux derniers jours de 2016, en se disant qu'on peut toujours s'améliorer l'année prochaine, et progresser dans notre recherche de nous-mêmes, et que chaque jour doit être un pas vers un monde plus juste.

Bécots <3

P.S : j'en profite pour vous annoncer que je lance un nouveau repère sur le blog : désormais, tous les articles dont je suis certaine de leur éthique (bonnes conditions de travail des employés ou matériaux biologiques ou commerce équitable) seront précédés du signe +, afin de vous permettre de vous faire connaître des marques éthiques ;)


Crédit photos : l'Amoureux

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Manteau : Tara Jarmon (ici)
Pull : +King Louie (ici)
Jupe : +Phao
Chaussures : +Carel (ici)

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Lunettes de soleil : +Miu Miu
Bagues : +Lotta Djossou, +Agnès de Verneuil
Boucles d'oreilles : +Chenoha Studio (ici)

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Livre : La Guerre des Salamandres : ici 



"- Alors, vas-y, parle, dit (le capitaine). Qu'est-ce que tu as vu là-bas ?
- Des djinns, sahib, mumura le petit Cingalais.
(...) Oui Monsieur, ils aussi des mains comme des hommes ; non, ils n'ont pas de griffes, on dirait plutôt des mains d'enfant. Non, sahib, ils n'ont pas de cornes ni de poils. Oui, ils ont une queue, un peu comme un poisson, mais sans nageoire. Et une grosse tête ronde, comme celles des Bataks. Non, ils ne disaient rien, Monsieur, mais on aurait dit qu'ils faisaient claquer leur langues."


"Ne trouvez-vous pas que chaque salamandre représente une certaine valeur économique, une capacité de travail qui ne demande qu'à être utilisée ? Messieurs, avec six millions de salamandres nous pouvons encore nous en tirer."

"Après la reprise, H. BRINKELAER demande la parole. Il se dit satisfait de voir les salamandres se multiplier si assidûment pour accroître ainsi les biens de la Société. Mais naturellement, Messieurs, ce serait de la folie de les élever pour rien ; si nous ne pouvons pas leur trouver un travail convenable, je propose au nom d'un groupe d'actionnaires de vendre tout simplement les salamandres comme main-d'oeuvre à quiconque souhaite entreprendre des travaux dans l'eau et sous l'eau. (Applaudissements.) L'alimentation d'une salamandre ne coûte que quelques centimes par jour ; si nous vendons un couple de salamandres, mettons à cent francs et si la salamandre travailleuse ne fonctionnait que, mettons, un an ce sera un jeu d'enfant pour toute entreprise d'amortir cet investissement. (Signes d'assentissement dans l'assemblée.)"



"Peut-être fut-ce l'inspiration de ces grandioses et tragiques couchers du soleil qui poussa Wolf Meynert, le philosophe solitaire de Königsberg, à écrire son oeuvre monumentale Untergang der Menschheit. Nous pouvons fort bien l'imaginer, cheminant le long des plages, tête nue, dans un manteau flottant au vent, regardant avec émerveillement ces flots de feu et de sang noyant plus de la moitié de l'horizon. "Oui, murmura-t-il en extase, oui, il est temps d'écrire un épilogue à l'histoire humaine." Et il l'écrivit.
Nous assistons au dénouement de la tragédie de l'espèce humaine, commença Wolf Meynert. Ne nous laissons pas leurrer par sa fièvre d'entreprise et par sa prospérité technique ; ce n'est que la rougeur fiévreuse sur le visage d'un organisme déjà marqué par la mort. Jamais les hommes n'ont eu un niveau de vie aussi élevé qu'aujourd'hui, mais trouvez-moi un seul homme heureux, une seule classe heureuse, une seule nation qui ne se sente pas menacée dans son existence. Au milieu de tous les dons de la civilisation, riches comme Crésus en biens spirituels et matériels, nous nous sentons de plus en plus envahis par un sentiment d'incertitude, d'oppression et de malaise."

"C'est une image de ce grand troupeau, si désespérément hétérogène, qui s'appelle l'humanité. Les nations, les Etats, les classes ne peuvent pas à la longue vivre ensemble sans se heurter et se gêner mutuellement jusqu'au moment où ça ne devient plus supportable (...). Pour les ensembles humains biologiques, comme la race, la nation ou la classe, il n'y a qu'une seule voie naturelle qui mène à une félicité pleine et entière : ne se faire de la place que pour soi et exterminer tous les autres."


"Il n'y a pas de doute que le monde des salamandres sera plus heureux que ne l'était celui des hommes ; il sera uni, homogène, régi par un même esprit. Les salamandres ne se distingueront pas des salamandres par la langue, les opinions, la foi ou les exigences. Il n'y aura entre elles ni distinctions de classe ni de culture, seulement une division du travail. Il n'y aura ni maître ni esclave, car tous seront au service de la Grande Entité des Salamandres, qui sera le dieu, le roi, l'employeur et le guide spirituel. Il n'y aura qu'une nation et qu'une classe. Ce sera un monde meilleur et plus parfait que ne l'était le nôtre. Ce sera le Seul Nouveau Monde Heureux possible. Allons, cédons-lui la place ; l'humanité qui s'éteint ne peut déjà plus rien faire d'autre que de hâter sa propre fin en lui donnant une beauté tragique pour autant qu'il ne soit pas déjà trop tard."













Commentaires

  1. j'aime beaucoup ma belle
    les photos et la vue est parfaite
    quand a ta tenue j'aime beaucoup, on reconnais de suite ton style
    gros gros bisous

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    1. Merci Chacha pour ton gentil commentaire ! oh oui c'était un lieu superbe, on en a bien profité pour faire les photos ^^ bisous à toi !

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  2. C'est le genre de questions que je me pose en ce moment, et on court inévitablement à notre propre perte, avec un abruti qui pense que le réchauffement climatique est bidon euh... Tu me comprends je crois ;)
    Un livre qui à l'air de valoir le coup d'être lu!
    Bisous et très bonne année à toi!
    http://paulynagore.blogspot.fr/

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    1. hahaha c'est ça ! en fait je crois que le problème vient aussi du fait que les gens qui gouvernent sont des vieux croûtons... ils s'en foutent de prendre des décisions à court terme, tant que quand ils sont en vie ça leur rapporte des sous !
      bref, vraiment je te conseille de lire ce bouquin, en plus il est très fluide à lire donc top !
      bisous et bonne année ma belle

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